25 mars 2009
Les murs racontent l'histoire
Parfois, nous trouvons une inscription à côté d'une autre;
et les deux sont contradictoires.
Et pourtant, chaque inscription nous raconte une histoire,
parfois l'Histoire,



parfois un simple événement ponctuel.
Même les pochoirs, les graffitis ou les marques des compagnons.
28 novembre 2008
Bouquerie
La rue Bouquerie va de la rue Saint-Agricol jusqu'à la rue Collège d’Annecy.
Comme
la rue de la Bancasse ou, plus
tard, la rue de la Balance, la rue Bouquerie était la
Magna Carreria, c’est-à-dire une des grandes rues de la ville. Celle qu’un
carrosse pouvait emprunter sans problèmes et que l’on nettoyait
particulièrement lorsqu’un invité de marque était reçu par la ville. Le nom de
Bouquerie, qui signifie Boucherie était plutôt
attribué à la rue Saint-Marc, la Boucherie se trouvant à son extrémité, au
Portail-Boquier près de Saint-Martial. Mais, comme on l’utilisait pour aller de la Grande
Boucherie, située place de l’Horloge, au Portail Boquier, elle prit le nom de rue Bouquerie. A également porté le nom de rue des Masses.
N° 10 : petite vierge en
prière.
À l’angle de la rue des Ortolans, une grande vierge
drapée et son enfant à sa gauche et la tête
couverte du pan de son manteau dans une niche très richement décorée. Le dais
comporte une grosse tour ajourée avec cinq tourelles crénelées. C’est une évocation artistique de
l’attribution que l’église donne à la vierge en l’invoquant sous le titre
Turris Davidica , (tour de David et Tour d’Ivoire) On peut y
voir une petite ressemblance avec les remparts et la basilique Notre-Dame des
Doms.
N° 13 : ancien Hôtel de Roays, puis de Grillet, puis de Brancas, finalement acheté en 1796 par la famille Seguin, qui y installa son imprimerie, la rivale de celle
des Aubanel. C’est d’ici que sortira la première édition de Mireio de Mistral en
1859. C’est aussi dans cette imprimerie que fut mis en vente, le 7 janvier
1891, le premier numéro de l’Aïoli, le journal de Mistral. Celui-ci voulait avant tout défendre la langue et les traditions
provençales. Le directeur de ce journal s’appelait Folco de Baroncelli et le siège
était son hôtel particulier, aujourd’hui appelé Palais du Roure. Le numéro 1 de ce journal valait quatre sous, ce qui était cher pour
l’époque. Mistral dut diminuer ce prix de moitié pour continuer à le vendre. On
le trouvait surtout en Provence. Les auteurs étaient des écrivains de
renom : Félix Gras, Mistral bien sûr,
Charloun Rieu, Marius André, Henri Bouvet, Paul
Mariéton…Pourtant la vie de ce journal ne durera que neuf
ans. Boudé par les lecteurs surtout à cause de sa mauvaise gestion
administrative, il passera de quatre mille exemplaires au numéro 2 à six cents
exemplaires. Mistral décide d’arrêter cette expérience en 1899.
L'enfant qui se trouvait au centre de cette sculpture a été probablement volé.
Un jeu de paume était dans cette maison. Ce lieu servit
parfois de théâtre et Molière y donna deux représentations
« l’Étourdi » en 1655 et « le Dépit amoureux » en 1657. Il
se lia d’amitié avec Nicolas et Pierre Mignard, ce dernier ayant fait plusieurs
fois le portrait de Molière ; ce lieu périclita faute de soins à la mort
de son dernier propriétaire en 1732. Ce fut le premier endroit de la ville où
avaient lieu des représentations théâtrales. Plus tard, il y eut la Comédie,
place Crillon et ensuite le
Théâtre Municipal. Puis il y eut septembre 1947 et la création du Festival d’Avignon et
aujourd’hui, toutes les salles d’anciens cinémas ou des garages désaffectés
sont devenus en été des endroits où les spectateurs viennent nombreux regarder
des acteurs, connus et moins connus, faire leur numéro de comédien.
La rue Bouquerie fut le lieu
de résidence de la première Inspection Académique du Vaucluse. La demande
datait du 13 janvier 1809 ; la municipalité, voulant faire revivre son
passé historique et universitaire, avait demandé au gouvernement l’implantation
à Avignon d’une Académie Impériale. En 1850, est créé le rectorat qui a porté
les noms successifs d’Inspection des écoles primaires, puis Inspection
Académique. Elle eut plusieurs adresses : la Préfecture, le 18 rue
Bouquerie, la Cité Administrative et enfin, la rue Thiers où elle est
encore aujourd’hui.
21 octobre 2008
Ancienne niche et nouvelle statue
Une nouvelle statue dans une vieille niche désaffectée !
J'ai pourtant demandé aux habitants du coin.
Certains n'avaient même pas vu la statue.
Mais un sympathique commerçant m'a donné le numéro de téléphone mobile de la personne qui avait fait le travail de restauration.
Hélas, malgré plusieurs appels et un message laissé sur la messagerie, je n'ai pas eu le renseignement. Sûrement que le mobile est inutilisé. Alors: à vous de me répondre:
Connaissez-vous le nom du sculpteur de cette statue ?

L'immeuble avant la restauration avait deux niches vides au coin et aujourd'hui, une seule niche est vide.
04 octobre 2008
Statue place des Corps-Saints
Une statue a été récemment nettoyée. Voici la différence en images.
12 août 2008
Pavot
La rue Pavot va de la rue Henri Fabre jusqu'à la rue des Trois-Faucons
Aucune précision tangible n’est donnée concernant
l’origine du nom de cette petite rue. Ou bien, une des familles habitant la rue
lui a donné son nom ou alors des pavots ou des gros coquelicots y poussaient en
liberté sur les murs des jardins voisins. Ou alors, comme le suppose Paul
Achard, ce nom viendrait de l'enseigne d’une ancienne
auberge.
La particularité de cette ruelle est qu’elle est pavée en totalité, d’un pavage différent de ceux que nous sommes habitués à voir dans la ville. Des pavés plus gros, plus rectangulaires dont certains pèsent entre 15 et 18 kg et qui supportaient plus facilement la charge. Et pourtant, c’est exactement de cette façon qu’étaient pavées les rues dans lesquelles les carrosses et autres véhicules de l’époque passaient. Les rues qui faisaient le tour des remparts à l’intérieur ou à l’extérieur étaient pavées comme l’est actuellement la rue Pavot.
Pavage rue Pavot à gauche et pavage normal dans les autres rues à droite.
On peut constater également une symétrie presque
parfaite de cette rue avec la rue du Chat qui lui fait
face dans la rue des Trois-Faucons .
26 février 2008
Portail-Boquier
La rue du Portail-Boquier va de la rue Joseph Vernet au Cours Jean Jaurès.
l'Université ayant déménagé pour aller place des Études, on a redonné à la rue son nom initial rappelant l’une des anciennes portes des remparts du Moyen Âge. Pendant la Révolution, on l’appelait la rue Vieux-Études.
Au début de cette rue un somptueux hôtel moderne
construit par Jean Nouvel a investi l’aile nord des locaux de l’ancien Hospice
Saint-Louis, lui-même ayant pris la
place du Noviciat des Jésuites de 1589. Louise d’Ancenuze a été le mécène de ce
Noviciat. Elle a fait un don généreux de dix mille écus pour que soient édifiés
une église et un corps de logis de style religieux. Cette église fut le premier
édifice baroque d’Avignon. Elle était surmontée d’un magnifique dôme. Elle fut
consacrée le 26 mai 1611, sous le vocable de Saint-Louis.
Le bâtiment forme un quadrilatère, l’église se
trouvant au nord, autour d’un espace central vide et à ciel ouvert ; la
cour carrée centrale du noviciat est entourée de galeries, qui la font
ressembler à un cloître, et de bâtiments dont la construction a duré plus d’un
siècle. Les ailes ouest et nord sont l’œuvre de François Royers de la
Valfenière en 1627. Jean Péru a œuvré au remodelage de l’aile
nord en 1712 et du grand escalier. Puis il éleva l’aile sud et commença l’aile
est qui donne sur la rue du Portail-Boquier. Il mourut avant la fin de son
travail en 1723. C’est son fils Jean-Baptiste qui termina cette partie du
bâtiment. On voit nettement que les influences artistiques avaient changé et
que le temps et les modes avaient passé entre le début et la fin des travaux.
Après le départ des Jésuites, les
religieuses de Sainte-Praxède (dont on voit le dos de l’église rue Félix Gras) en furent les propriétaires et y vécurent jusqu’à la
Révolution. Il faut attendre 1801 pour
que Napoléon, sur la demande de
Guillaume Puy alors maire d’Avignon, fasse de ce lieu une
succursale des Invalides de Paris. La succursale ouvre ses portes le 1er
janvier 1802 ; cinq cents invalides sont installés dans des locaux que la
Révolution avaient déjà transformés en hôpitaux militaires. Puis, en 1852, ce
fut un refuge pour les invalides civils. L’Hospice Saint-Louis a fonctionné
jusqu’en 1982. Aujourd’hui, en plus de l’hôtel précédemment cité, l’aile ouest
héberge l’institut Supérieurs des Techniques du Spectacle et le Festival
d’Avignon installe ses bureaux de location dans l’aile sud de juin à début août
de chaque année ; il est agréable de venir dans cette cour fermée de toutes
parts où de grands platanes procurent une ombre salutaire. Elle est silencieuse
et décorée en son centre d’une fontaine moussue.
La rue traverse ensuite le boulevard Raspail et termine son trajet dès qu’elle rencontre la rue Joseph Vernet . La porte des anciens remparts se trouvait au niveau de la rue de la Calade (Joseph Vernet). La rue de la République n'avait pas encore été percée.
21 décembre 2007
Les Lumières de la ville
16 novembre 2007
Rénovation
Trois statuettes ont été rénovées en même temps que les façades des demeures et, grâce aux photos, nous allons apprécier la différence qui se passe de commentaires.
Pace du Change numéro 28:

Rue Joseph Vernet, façade de l'Oratoire:

08 octobre 2007
Mons
La rue de Mons va de la place de l’Horloge à la rue de la Cité du Palais.
Fut
appelée rue de la Vice-Gérence
au XVe siècle puisque c’était le chemin
utilisé par le vice-gérant pour aller de sa demeure au
Palais
des Papes. Puis elle devient rue Cardinale
en 1795 et ce, jusqu’en 1891. Le mot "mons" viendrait du mot "mont". On trouve en France un grand nombre de toponymes comportant le mot "mont" parfois seul ou accompagné d'adjectif ou de nom de personnes: Montaigu, Beaumont, Montfort, Montdidier, Montbéliard... Cette rue rejoint la rue de la Cité du Palais, celle-ci se perdant sur les hauteurs dominant la place de l'Amirande.
À la fin du XIXe siècle, les péripatéticiennes, quelquefois des clandestines, exerçaient leurs talents dans des hôtels ou des maisons closes de cette petite rue. Ces établissements furent fermés définitivement le 13 octobre 1946.
Il y a deux noms de rues l’un au-dessus de l’autre près de la Place de l’Horloge. Rue de Mons et Montée Paul Puaux. Paul Puaux restera associé dans nos mémoires à Jean Vilar et son festival. Lors de la « Semaine d’art » en 1947, lancée par le poète Islois René Char et le critique d’art Christian Zervos qui expose des œuvres de peintres modernes, il se charge de rassembler un public neuf. Vilar, sollicité pour monter un spectacle, en propose et en monte trois, "Richard II" de Shakespeare dont c'est la création en France, Histoire de "Tobie et Sara" de Claudel, également une création, et la "Terrasse de midi", pièce inédite de Maurice Clavel, jeune auteur. D'année en année, Puaux consacre ses vacances au festival et pas seulement en tant que spectateur ; il travaille avec Jean Rouvet, organisateur hors pair des relations avec le public. La confiance et l'amitié se sont établies très tôt entre Jean Vilar et lui, et Puaux, l'homme à la pipe et au franc-parler, toujours présent, devient une des figures les plus populaires dans le milieu avignonnais. À la mort de Jean Vilar, en 1971, c’est lui qui prendra la relève à l’administration du festival d’Avignon. Il est mort le 27 décembre 1998.
N° 4 : Hôtel de Crochans. Il a été occupé par la Mutualité agricole avant son déménagement en zone urbaine populaire ; il est aujourd’hui appelé « La Maison Jean Vilar ». C’est un lieu de rencontres et un musée pour les amoureux du théâtre.
je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo Webiane
24 août 2007
Galante
La rue Galante va de la
place du Change à
la rue de la Saraillerie.
Autrefois, cette rue se prolongeait jusqu’à la place Saint-Didier. Elle s’est appelé rue de la Garlanderie du mot provençal Garlanda, car c’est dans cette rue que les « garlandiers », ciseleurs sur métal, fabriquaient les couronnes et guirlandes de fleurs artificielles ou les coiffures pour femmes (bords de chapeaux, couronnes de mariées etc…). Par déformation, la rue prit le nom de rue de la Galanterie, puis rue Galante.
Un hôtel de cette rue a pris le nom de Hôtel Garlande en souvenir de l’ancien nom de la rue. A porté aussi le nom de Eugène Dévéria à cause de l’œuvre de celui-ci intitulée « les Quatre Henri ». Dévéria fut aussi le Directeur de l’École de Dessin et de Peinture de la rue Dorée vers l’année 1840.
N° 4 : Maison des Crillon. C’est ici qu’est né Crillon dit Crillon le Brave, ami de Henri VI. Une légende circule, disant que c’est au cours d’une partie de dés entre les quatre Henri, Henri III, le roi de Navarre (futur Henri VI), le Prince de Condé et le Duc de Guise que, le roi ayant jeté les dés, on trouva du sang sur la table. C’est juste une légende, pas un fait historique. Ce signe présageait une mort tragique à chacun des joueurs. Eugène Dévéria en fit un très beau pastel qui se trouve au Musée Calvet. On lui doit aussi le décor de deux des chapelles de la Cathédrale Notre-Dame des Doms.
N° 5 : Maison Palasse ayant appartenue à deux parfumeurs, le père et le fils ayant le même prénom, François Palasse, puis au fils du dernier, qui lui s’appelait Jean-François, marchand de tabac, puis à un autre François Palasse (1717-1790) qui était peintre. La façade a entièrement été reconstruite entre 1679 et 1682. Les ornements de la façade évoquent les quatre saisons à partir de masques. Le printemps est entouré de roses et porte une couronne, l’été est orné d’épis de blé mûrs, l’automne, de grappes de raisin et de feuilles de vigne, quant à l’hiver, il nous montre un masque de vieillard entouré de branches dépouillées de leurs feuilles. Elle est l’œuvre du membre le plus connu d’une dynastie de maçons de l’Isle-sur-la-Sorgue, Jean Rochas qui fut influencé par Royers de la Valfenière. Elle est aujourd’hui le siège de l’Académie de Vaucluse. La façade de ce bel hôtel a récemment été ravalée.
N° 17 : un de nos félibres, Jean Brunet, a vécu ici pendant plusieurs années et a même eu comme hôtes Victor Balaguer, le grand poète catalan, lorsqu’il était en exil, et son épouse Nola. C’est d’ailleurs grâce à cet accueil qu’en 1867, les Catalans ont offert aux provençaux une coupe d’argent ciselée qui fut et restera le symbole de l’union de la Provence et de la Catalogne. Le réalisateur de cette coupe s’appelait Guillaume Fulconis ; il refusa d’être payé lorsqu’il connut la raison de la commande de cette coupe. Ensuite, pour remercier les Catalans, Mistralll a créé et chanté la « Coupo Santo » en empruntant à Nicolas Saboly l’air d’un de ses Noëls du XVIIe « Guihaume, Tòni, Pèire ». Voilà comment un chant de circonstance est devenu l’hymne de tout le peuple occitan. Sur le socle, finement ciselées, on peut lire les phrases des deux poètes :
Morta diuhen qu’es Ah! : se me sabien entèndre
Mès jo la crech viva Ah ! se me voulien segui!
Victor Balaguer Frédéric Mistral
« On la dit morte, Ah ! si on savait me comprendre
mais moi je la crois vivante ». Ah ! Si on voulait me suivre ».
12 mai 2007
Les chapelles du Palais des Papes
Un lien pour faire une visite virtuelle du Palais des Papes et pour en savoir encore plus sur la vie des papes à Avignon de 1309 à 1423.
http://www.culture.gouv.fr/culture/palais-des-papes/fr/
27 mars 2007
Louis le Cardonnel
La place Louis le Cardonnel se trouve à droite et au début de la rue de la République, juste avant le Palais du Roure.
Une petite place avec au milieu un arbre et le buste de Frédéric Mistral témoigne le souvenir de Louis le Cardonnel à proximité d’un des lieux qu’il fréquentait assidûment : le Palais du Roure. C’est d’ailleurs Frédéric Mistral qui a baptisé cette demeure « Palais du Roure ».
L’abbé Louis Le Cardonnel, né à Valence le 22 février 1862 et mort à Avignon le 28 mai 1936, était poète. Son inspiration lui est venue lors de ses séjours à Assise en Italie. Ses œuvres se trouvent en grande partie dans la section Lettres Italiennes au Musée du Roure où il a vécu les dernières années de sa vie en même temps qu’Émile Espérandieu. Il est l’auteur des Carmina Sacra.
Cette placette piétonne est un endroit agréable et frais en été grâce à l’ombre providentielle de l'arbre et de la terrasse d’un café.
À
un angle, une niche abrite une vierge
et son enfant. L’ensemble est assez sale. Certains appellent cette
statue « la vierge noire ». Aujourd'hui, 4 janvier 2008, la niche est vide depuis plusieurs mois. Peut-être que la vierge noire va revenir toute propre.
09 décembre 2006
Jean Jaurès
Le cours Jean Jaurès va de la porte de la République jusqu'à la rue de la République qui est dans son prolongement. Jean Jaurès, de son nom d'état civil Auguste Marie Joseph Jean Léon Jaurès, est un homme politique socialiste français, né à Castres dans le Tarn le 3 septembre 1859. Il est mort assassiné par Raoul Villain, adhérent de la "Ligue des jeunes amis de l'Alsace-Lorraine", mouvement d'étudiants nationalistes le 31 juillet 1914 à Paris. Il était le fondateur du journal "L'Humanité". Des hommages lui ont été rendus et de nombreux lieux français portent aujourd'hui le nom de cet homme.
C'est la seule rue de la ville qui porte le nom de "cours".
La
porte de la République située en face la gare fut
percée en 1855 ; son caractère pseudo-médiéval est dû au style de
Viollet-Le-Duc. De cette porte neuve jusqu‘à l’ancienne rue de
la Calade (aujourd’hui
Joseph Vernet) fut tracé le premier tronçon de ce nouvel axe pour
ce nouvel Avignon qui se voulait moderne et qui avait tendance à oublier son
riche passé.
Voici
comment Paul Manivet parlait de
cette rue en 1913 dans son Recueil « Rues d’Avignon »:
Le cours
Voici le cours avec ses platanes nombreux
Caserne, hôtels, cafés que prolongent les tables
Sur les trottoirs brûlants, oasis délectables
C’est là que gesticule et muse un peuple heureux.
Loin des bureaux malsains et des casiers poudreux
Des jeunes gens commis et clercs causent entre eux
De leurs amours et des potins inévitables.
Les vieux de Saint-Louis s’affalent sur les bancs
Les marchands de gâteaux circonviennent les mères.
De promeneurs qui vont devisant et riant
Endorment les douleurs et bercent
les chimères.
Le
29 juin 1854 est la date du premier départ d’un train de voyageurs allant vers
Paris. Il fallait alors aux avignonnais et visiteurs de la cité des papes une
avenue qui relie directement la gare à la place de l’Horloge. La rue nouvelle prit le nom de cours et rue Bonaparte car Napoléon III avait approuvé
le plan général des travaux que lui avait soumis Paul Pamart, alors maire d’Avignon en juillet 1855 (voir détails
dans la « rue de la République »).
Actuellement,
au moment de l’écriture de cette page, des travaux importants pour une aire de
stationnement souterrain défigurent le cours Jean Jaurès. Dès la fin de ces travaux, nous pourrons voir les
statues de Jean Jaurès et du Maréchal
De Lattre de Tassigny sur l’esplanade
devant la Cité Administrative.
La
Cité Administrative, à droite de la rue, s’est installé dans les anciens locaux
de la caserne Hautpoul (du nom de deux
généraux de l’Armée Française).
À
gauche au début de la rue et faisant face à la Cité Administrative, se trouve
la Chambre de Commerce.
Plus
loin sur la gauche à l’emplacement de la Banque Chaix, se trouvait autrefois
l’hôtel Crillon, très bien placé pour accueillir les voyageurs descendant
du train. Un magnifique jardin intérieur faisait la beauté et la réputation de
cet hôtel très renommé. Cet hôtel a fonctionné jusqu’au début du XXe
siècle à cet endroit.
Nous
voyons ensuite le square Agricol Perdiguier englobant les
vestiges du cloître Saint-Martial dont l'entrée se situe rue Henri Fabre.
En
face du jardin, le cinéma le Palace, a pris place dans l’ancien bâtiment l’Eden
dans le style art nouveau, qui fut tour à tour théâtre, café, puis est devenu
le cinéma qu’il est encore aujourd’hui.
La Poste (ou plutôt les Postes ou les PTT) se trouvait là où se trouve maintenant et depuis longtemps, l’Office du Tourisme d’Avignon. Cette page du passé est restituée sur quelques anciennes cartes postales représentant le départ des facteurs côté rue Henri Fabre.
08 juin 2006
Rouge
La rue Rouge va de
la place du Change jusqu'à la place de la Principale.
Certains disent aussi qu’un massacre aurait été
commis entre les Francs et les Sarrasins sur la place du Change et que les pavés de la rue étaient couverts
de sang, ce qui aurait donné le nom à la rue, mais aucun document ne le prouve.
Au numéro 4 de la rue, on peut voir en levant les yeux cette petite statuette d’une madone au dessus
de la boutique dans une niche creusée à même le mur.
27 avril 2006
Les Murs d'Avignon
"Le temps a donné à ces pierres si égales, si bien jointes,
d'un si beau poli, une teinte uniforme de feuille sèche qui en augmente encore
la beauté" (Stendhal).
Stendhal, qui fit de nombreux séjours à Avignon, n’a pas été insensible à la
beauté de ces vieilles pierres qui entourent de façon élégante la vieille
ville. Prosper Mérimée, en tant qu’inspecteur des monuments historiques, a beaucoup œuvré
pour la sauvegarde et la réhabilitation de ces murs. Un projet de chemin de fer
devait démolir toute la partie des remparts côté Rhône.La gare se serait trouvée aux allées de l’Oule. Prosper Mérimée s’y
est opposé énergiquement. Viollet le Duc a procédé à une restauration « à
l’ancienne » en 1860. Depuis cette date, la ville continue de protéger ces
murailles en créant des espaces verts autour des remparts, empêchant ainsi les
véhicules de se garer. Les remparts
d’Avignon ont été bâtis avec une pierre calcaire tendre et très abondante dans
toute la région appelée communément « pierre du Midi » et
« molasse burdigalienne » par les experts.
Les
remparts actuels mesurent
Avant le rempart actuel, il y eut plusieurs enceintes :
Une image pour vous donner une idée:
L’enceinte romaine ( ne figure pas sur le plan) : dès le 1er siècle, on a la
certitude que des fortifications existaient déjà comme dans toutes les autres
villes marchandes qui étaient obligées de se protéger. Des remparts entouraient
la ville haute c’est-à-dire le rocher, la place du Palais et le forum qui se situait à
l’endroit où se trouve la place de l’Horloge. Le rocher avait un rôle de mirador pour la surveillance
et de refuge en cas d’agression du fleuve ou des assaillants.
Hélas, seule l’hypothèse, approuvée plus tard par de
nombreux autres historiens, que nous a laissée Sylvain Gagnière après de savantes et rigoureuses
recherches, nous a permis de trouver le tracé de cette première enceinte
édifiée par les Romains au début de notre ère.
Voici
donc à peu près ce tracé de l’enceinte romaine:
-À l'ouest : rue Petite-Reille, rue des Grottes, rue Racine, rue Bouquerie.
-Au midi: les rues Collège d'Annecy, des Etudes et Crucifix.
-À l'est : les rues Four de la Terre, Chapeau Rouge, Oriflamme et Sorguette.
-Au nord : le rattachement à l'oppidum du Rocher des Doms se situerait vers la rue de la Forêt et la chapelle des Pénitents noirs.
Après que les populations ont été décimées par les guerres et
les épidémies, à la fin de l’Empire Romain, d’autres murs entouraient la ville.
Les survivants étaient venus se réfugier autour du Rocher et on délimite l’enceinte réduite à peu près
comme suit :
Rue Petite-Fusterie, rue
Félicien David, rue Favart, rue de l’Arc-de-l’Agneau et rue de la Peyrollerie.
Un nouveau rempart est construit par les Avignonnais
de 1234 à 1237. Son périmètre s’étend vers l’extérieur d’une quarantaine de
mètres.
Voici son tracé d’est en ouest : rues des
Trois-Colombes, Campane, Philonarde, Lices, Henri Fabre, Joseph Vernet et Grande-Fusterie. À l’angle des rues
Saint-Charles et Joseph Vernet, un fragment de cette muraille grossière est à l’air libre. D’autres
fragments de ces vieux murs ont été retrouvés au cours de prospections
archéologiques. Les autres souvenirs de ce rempart du XIIIe siècle
sont les noms des anciens portails et vous les rencontrerez en suivant
l’itinéraire cité précédemment : Portail Matheron, Portail Peint, Portail Boquier, Porte Evêque, Portail Bienson etc…Ces portes sont restées en
place jusqu’au XVIIIe siècle.
Enceinte du XIVe
siècle (c’est-à-dire le rempart actuel, en noir fractionné sur le plan) : édifiée entre 1355 et 1370 environ, sous
les pontificats d'Innocent VI et d'Urbain V, les
remparts d'Avignon sont parmi les mieux conservés de France. Avignon est alors
la ville où se trouve le pape et la population s’accroît de façon
impressionnante et s’étale dans les bourgs nouveaux à l’extérieur des murs. De nouveaux quartiers se développent, grâce aux
initiatives privées, à l’abord des portes et des couvents à l’extérieur de la première enceinte. Mais bientôt la sereine
prospérité d’Avignon laisse percer de nouvelles menaces. En cette
époque de la guerre de Cent Ans, des bandes de routiers semaient la terreur
dans la région et les débordements du Rhône revenaient inlassablement. Innocent VI








Avant
Après





