26 février 2008
Portail-Boquier
La rue du Portail-Boquier va de la rue Joseph Vernet au Cours Jean Jaurès.
Celle-ci ayant déménagé pour aller place des Études, on lui a redonné son nom initial rappelant l’une des anciennes portes des remparts du Moyen Âge. Pendant la Révolution, on l’appelait la rue Vieux-Études.
Au début de cette rue un somptueux hôtel moderne
construit par Jean Nouvel a investi l’aile nord des locaux de l’ancien Hospice
Saint-Louis, lui-même ayant pris la
place du Noviciat des Jésuites de 1589. Louise d’Ancenuze a été le mécène de ce
Noviciat. Elle a fait un don généreux de dix mille écus pour que soient édifiés
une église et un corps de logis de style religieux. Cette église fut le premier
édifice baroque d’Avignon. Elle était surmontée d’un magnifique dôme. Elle fut
consacrée le 26 mai 1611, sous le vocable de Saint-Louis.
Le bâtiment forme un quadrilatère, l’église se
trouvant au nord, autour d’un espace central vide et à ciel ouvert ; la
cour carrée centrale du noviciat est entourée de galeries, qui la font
ressembler à un cloître, et de bâtiments dont la construction a duré plus d’un
siècle. Les ailes ouest et nord sont l’œuvre de François Royers de la
Valfenière en 1627. Jean Péru a œuvré au remodelage de l’aile
nord en 1712 et du grand escalier. Puis il éleva l’aile sud et commença l’aile
est qui donne sur la rue du Portail-Boquier. Il mourut avant la fin de son
travail en 1723. C’est son fils Jean-Baptiste qui termina cette partie du
bâtiment. On voit nettement que les influences artistiques avaient changé et
que le temps et les modes avaient passé entre le début et la fin des travaux.
Après le départ des Jésuites, les
religieuses de Sainte-Praxède (dont on voit le dos de l’église rue Félix Gras) en furent les propriétaires et qui y vécurent jusqu’à la
Révolution. Il faut attendre 1801 pour
que Napoléon, sur la demande de
Guillaume Puy alors maire d’Avignon, fasse de ce lieu une
succursale des Invalides de Paris. La succursale ouvre ses portes le 1er
janvier 1802 ; cinq cents invalides sont installés dans des locaux que la
Révolution avaient déjà transformés en hôpitaux militaires. Puis, en 1852, ce
fut un refuge pour les invalides civils. L’Hospice Saint-Louis a fonctionné
jusqu’en 1982. Aujourd’hui, en plus de l’hôtel précédemment cité, l’aile ouest
héberge l’institut Supérieurs des Techniques du Spectacle et le Festival
d’Avignon installe ses bureaux de location dans l’aile sud de juin à début août
de chaque année ; il est agréable de venir dans cette cour fermée de toutes
parts où de grands platanes procurent une ombre salutaire. Elle est silencieuse
et décorée en son centre d’une fontaine moussue.
La rue traverse ensuite le boulevard Raspail et termine son trajet dès qu’elle rencontre la rue Joseph Vernet . La porte des anciens remparts se trouvait au niveau de la rue de la Calade (Joseph Vernet). La rue de la République n'avait pas encore été percée.
21 décembre 2007
Les Lumières de la ville
16 novembre 2007
Rénovation
Trois statuettes ont été rénovées en même temps que les façades des demeures et, grâce aux photos, nous allons apprécier la différence qui se passe de commentaires.
Pace du Change numéro 28:

Rue Joseph Vernet, façade de l'Oratoire:

08 octobre 2007
Mons
La rue de Mons va de la place de l’Horloge à la rue de la Cité du Palais.
Fut
appelée rue de la Vice-Gérence
au XVe siècle puisque c’était le chemin
utilisé par le vice-gérant pour aller de sa demeure au
Palais
des Papes. Puis elle devient rue Cardinale
en 1795 et ce, jusqu’en 1891. Le mot "mons" viendrait du mot "mont". On trouve en France un grand nombre de toponymes comportant le mot "mont" parfois seul ou accompagné d'adjectif ou de nom de personnes: Montaigu, Beaumont, Montfort, Montdidier, Montbéliard... Cette rue rejoint la rue de la Cité du Palais, celle-ci se perdant sur les hauteurs dominant la place de l'Amirande.
À la fin du XIXe siècle, les péripatéticiennes, quelquefois des clandestines, exerçaient leurs talents dans des hôtels ou des maisons closes de cette petite rue. Ces établissements furent fermés définitivement le 13 octobre 1946.
Il y a deux noms de rues l’un au-dessus de l’autre près de la Place de l’Horloge. Rue de Mons et Montée Paul Puaux. Paul Puaux restera associé dans nos mémoires à Jean Vilar et son festival. Lors de la « Semaine d’art » en 1947, lancée par le poète Islois René Char et le critique d’art Christian Zervos qui expose des œuvres de peintres modernes, il se charge de rassembler un public neuf. Vilar, sollicité pour monter un spectacle, en propose et en monte trois, "Richard II" de Shakespeare dont c'est la création en France, Histoire de "Tobie et Sara" de Claudel, également une création, et la "Terrasse de midi", pièce inédite de Maurice Clavel, jeune auteur. D'année en année, Puaux consacre ses vacances au festival et pas seulement en tant que spectateur ; il travaille avec Jean Rouvet, organisateur hors pair des relations avec le public. La confiance et l'amitié se sont établies très tôt entre Jean Vilar et lui, et Puaux, l'homme à la pipe et au franc-parler, toujours présent, devient une des figures les plus populaires dans le milieu avignonnais. À la mort de Jean Vilar, en 1971, c’est lui qui prendra la relève à l’administration du festival d’Avignon. Il est mort le 27 décembre 1998.
N° 4 : Hôtel de Crochans. Il a été occupé par la Mutualité agricole avant son déménagement en zone urbaine populaire ; il est aujourd’hui appelé « La Maison Jean Vilar ». C’est un lieu de rencontres et un musée pour les amoureux du théâtre.
je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo Webiane
24 août 2007
Galante
La rue Galante va de la
place du Change à
la rue de la Saraillerie.
Autrefois, cette rue se prolongeait jusqu’à la place Saint-Didier. Elle s’est appelé rue de la Garlanderie du mot provençal Garlanda, car c’est dans cette rue que les « garlandiers », ciseleurs sur métal, fabriquaient les couronnes et guirlandes de fleurs artificielles ou les coiffures pour femmes (bords de chapeaux, couronnes de mariées etc…). Par déformation, la rue prit le nom de rue de la Galanterie, puis rue Galante.
Un hôtel de cette rue a pris le nom de Hôtel Garlande en souvenir de l’ancien nom de la rue. A porté aussi le nom de Eugène Dévéria à cause de l’œuvre de celui-ci intitulée « les Quatre Henri ». Dévéria fut aussi le Directeur de l’École de Dessin et de Peinture de la rue Dorée vers l’année 1840.
N° 4 : Maison des Crillon. C’est ici qu’est né Crillon dit Crillon le Brave, ami de Henri VI. Une légende circule, disant que c’est au cours d’une partie de dés entre les quatre Henri, Henri III, le roi de Navarre (futur Henri VI), le Prince de Condé et le Duc de Guise que, le roi ayant jeté les dés, on trouva du sang sur la table. C’est juste une légende, pas un fait historique. Ce signe présageait une mort tragique à chacun des joueurs. Eugène Dévéria en fit un très beau pastel qui se trouve au Musée Calvet. On lui doit aussi le décor de deux des chapelles de la Cathédrale Notre-Dame des Doms.
N° 5 : Maison Palasse ayant appartenue à deux parfumeurs, le père et le fils ayant le même prénom, François Palasse, puis au fils du dernier, qui lui s’appelait Jean-François, marchand de tabac, puis à un autre François Palasse (1717-1790) qui était peintre. La façade a entièrement été reconstruite entre 1679 et 1682. Les ornements de la façade évoquent les quatre saisons à partir de masques. Le printemps est entouré de roses et porte une couronne, l’été est orné d’épis de blé mûrs, l’automne, de grappes de raisin et de feuilles de vigne, quant à l’hiver, il nous montre un masque de vieillard entouré de branches dépouillées de leurs feuilles. Elle est l’œuvre du membre le plus connu d’une dynastie de maçons de l’Isle-sur-la-Sorgue, Jean Rochas qui fut influencé par Royers de la Valfenière. Elle est aujourd’hui le siège de l’Académie de Vaucluse. La façade de ce bel hôtel a récemment été ravalée.
N° 17 : un de nos félibres, Jean Brunet, a vécu ici pendant plusieurs années et a même eu comme hôtes Victor Balaguer, le grand poète catalan, lorsqu’il était en exil, et son épouse Nola. C’est d’ailleurs grâce à cet accueil qu’en 1867, les Catalans ont offert aux provençaux une coupe d’argent ciselée qui fut et restera le symbole de l’union de la Provence et de la Catalogne. Le réalisateur de cette coupe s’appelait Guillaume Fulconis ; il refusa d’être payé lorsqu’il connut la raison de la commande de cette coupe. Ensuite, pour remercier les Catalans, Mistralll a créé et chanté la « Coupo Santo » en empruntant à Nicolas Saboly l’air d’un de ses Noëls du XVIIe « Guihaume, Tòni, Pèire ». Voilà comment un chant de circonstance est devenu l’hymne de tout le peuple occitan. Sur le socle, finement ciselées, on peut lire les phrases des deux poètes :
Morta diuhen qu’es Ah! : se me sabien entèndre
Mès jo la crech viva Ah ! se me voulien segui!
Victor Balaguer Frédéric Mistral
« On la dit morte, Ah ! si on savait me comprendre
mais moi je la crois vivante ». Ah ! Si on voulait me suivre ».
12 mai 2007
Les chapelles du Palais des Papes
Un lien pour faire une visite virtuelle du Palais des Papes et pour en savoir encore plus sur la vie des papes à Avignon de 1309 à 1423.
http://www.culture.gouv.fr/culture/palais-des-papes/fr/
27 mars 2007
Louis le Cardonnel
La place Louis le Cardonnel se trouve à droite et au début de la rue de la République, juste avant le Palais du Roure.
Une petite place avec au milieu un arbre et le buste de Frédéric Mistral témoigne le souvenir de Louis le Cardonnel à proximité d’un des lieux qu’il fréquentait assidûment : le Palais du Roure. C’est d’ailleurs Frédéric Mistral qui a baptisé cette demeure « Palais du Roure ».
L’abbé Louis Le Cardonnel, né à Valence le 22 février 1862 et mort à Avignon le 28 mai 1936, était poète. Son inspiration lui est venue lors de ses séjours à Assise en Italie. Ses œuvres se trouvent en grande partie dans la section Lettres Italiennes au Musée du Roure où il a vécu les dernières années de sa vie en même temps qu’Émile Espérandieu. Il est l’auteur des Carmina Sacra.
Cette placette piétonne est un endroit agréable et frais en été grâce à l’ombre providentielle de l'arbre et de la terrasse d’un café.
À
un angle, une niche abrite une vierge
et son enfant. L’ensemble est assez sale. Certains appellent cette
statue « la vierge noire ». Aujourd'hui, 4 janvier 2008, la niche est vide depuis plusieurs mois. Peut-être que la vierge noire va revenir toute propre.
09 décembre 2006
Jean Jaurès
Le cours Jean Jaurès va de la porte de la République jusqu'à la rue de la République qui est dans son prolongement.
C'est la seule rue de la ville qui porte le nom de "cours".
La
porte de la République située en face la gare fut
percée en 1855 ; son caractère pseudo-médiéval est dû au style de
Viollet-Leduc. De cette porte neuve jusqu ‘à l’ancienne rue de
la Calade (aujourd’hui
Joseph Vernet) fut tracé le premier tronçon de ce nouvel axe pour
ce nouvel Avignon qui se voulait moderne et qui avait tendance à oublier son
riche passé.
Voici
comment Paul Manivet parlait de
cette rue en 1913 dans son Recueil « Rues d’Avignon »:
Le cours
Voici le cours avec ses platanes nombreux
Caserne, hôtels, cafés que prolongent les tables
Sur les trottoirs brûlants, oasis délectables
C’est là que gesticule et muse un peuple heureux.
Loin des bureaux malsains et des casiers poudreux
Des jeunes gens commis et clercs causent entre eux
De leurs amours et des potins inévitables.
Les vieux de Saint-Louis s’affalent sur les bancs
Les marchands de gâteaux circonviennent les mères.
De promeneurs qui vont devisant et riant
Endorment les douleurs et bercent
les chimères.
Le
29 juin 1854 est la date du premier départ d’un train de voyageurs allant vers
Paris. Il fallait alors aux avignonnais et visiteurs de la cité des papes une
avenue qui relie directement la gare à la place de l’Horloge. La rue nouvelle prit le nom de cours et rue Bonaparte car Napoléon III avait approuvé
le plan général des travaux que lui avait soumis Paul Pamart, alors maire d’Avignon en juillet 1855 (voir détails
dans la « rue de la République »).
Actuellement,
au moment de l’écriture de cette page, des travaux importants pour une aire de
stationnement souterrain défigurent le cours Jean Jaurès. Dès la fin de ces travaux, nous pourrons voir les
statues de Jean Jaurès et du Maréchal
De Lattre de Tassigny sur l’esplanade
devant la Cité Administrative.
La
Cité Administrative, à droite de la rue, s’est installé dans les anciens locaux
de la caserne Hautpoul (du nom de deux
généraux de l’Armée Française).
À
gauche au début de la rue et faisant face à la Cité Administrative, se trouve
la Chambre de Commerce.
Plus
loin sur la gauche à l’emplacement de la Banque Chaix, se trouvait autrefois
l’hôtel Crillon, très bien placé pour accueillir les voyageurs descendant
du train. Un magnifique jardin intérieur faisait la beauté et la réputation de
cet hôtel très renommé. Cet hôtel a fonctionné jusqu’au début du XXe
siècle à cet endroit.
Nous
voyons ensuite le square Agricol Perdiguier englobant les
vestiges du cloître Saint-Martial dont l'entrée se situe rue Henri Fabre.
En
face du jardin, le cinéma le Palace, a pris place dans l’ancien bâtiment l’Eden
dans le style art nouveau, qui fut tour à tour théâtre, café, puis est devenu
le cinéma qu’il est encore aujourd’hui.
La Poste (ou plutôt les Postes ou les PTT) se trouvait là où se trouve maintenant et depuis longtemps, l’Office du Tourisme d’Avignon. Cette page du passé est restituée sur quelques anciennes cartes postales représentant le départ des facteurs côté rue Henri Fabre.
08 juin 2006
Rouge
La rue Rouge va de
la place du Change jusqu'à la place de la Principale.
Certains disent aussi qu’un massacre aurait été
commis entre les Francs et les Sarrasins sur la place du Change et que les pavés de la rue étaient couverts
de sang, ce qui aurait donné le nom à la rue, mais aucun document ne le prouve.
Au numéro 4 de la rue, on peut voir en levant les yeux cette petite statuette d’une madone au dessus
de la boutique dans une niche creusée à même le mur.
27 avril 2006
Les Murs d'Avignon
"Le temps a donné à ces pierres si égales, si bien jointes,
d'un si beau poli, une teinte uniforme de feuille sèche qui en augmente encore
la beauté" (Stendhal).
Stendhal, qui fit de nombreux séjours à Avignon, n’a pas été insensible à la
beauté de ces vieilles pierres qui entourent de façon élégante la vieille
ville. Prosper Mérimée, en tant qu’inspecteur des monuments historiques, a beaucoup œuvré
pour la sauvegarde et la réhabilitation de ces murs. Un projet de chemin de fer
devait démolir toute la partie des remparts côté Rhône.La gare se serait trouvée aux allées de l’Oule. Prosper Mérimée s’y
est opposé énergiquement. Viollet le Duc a procédé à une restauration « à
l’ancienne » en 1860. Depuis cette date, la ville continue de protéger ces
murailles en créant des espaces verts autour des remparts, empêchant ainsi les
véhicules de se garer. Les remparts
d’Avignon ont été bâtis avec une pierre calcaire tendre et très abondante dans
toute la région appelée communément « pierre du Midi » et
« molasse burdigalienne » par les experts.
Les
remparts actuels mesurent
Avant le rempart actuel, il y eut plusieurs enceintes :
Une image pour vous donner une idée:
L’enceinte romaine ( ne figure pas sur le plan) : dès le 1er siècle, on a la
certitude que des fortifications existaient déjà comme dans toutes les autres
villes marchandes qui étaient obligées de se protéger. Des remparts entouraient
la ville haute c’est-à-dire le rocher, la place du Palais et le forum qui se situait à
l’endroit où se trouve la place de l’Horloge. Le rocher avait un rôle de mirador pour la surveillance
et de refuge en cas d’agression du fleuve ou des assaillants.
Hélas, seule l’hypothèse, approuvée plus tard par de
nombreux autres historiens, que nous a laissée Sylvain Gagnière après de savantes et rigoureuses
recherches, nous a permis de trouver le tracé de cette première enceinte
édifiée par les Romains au début de notre ère.
Voici
donc à peu près ce tracé de l’enceinte romaine:
-À l'ouest : rue Petite-Reille, rue des Grottes, rue Racine, rue Bouquerie.
-Au midi: les rues Collège d'Annecy, des Etudes et Crucifix.
-À l'est : les rues Four de la Terre, Chapeau Rouge, Oriflamme et Sorguette.
-Au nord : le rattachement à l'oppidum du Rocher des Doms se situerait vers la rue de la Forêt et la chapelle des Pénitents noirs.
Après que les populations ont été décimées par les guerres et
les épidémies, à la fin de l’Empire Romain, d’autres murs entouraient la ville.
Les survivants étaient venus se réfugier autour du Rocher et on délimite l’enceinte réduite à peu près
comme suit :
Rue Petite-Fusterie, rue
Félicien David, rue Favart, rue de l’Arc-de-l’Agneau et rue de la Peyrollerie.
Un nouveau rempart est construit par les Avignonnais
de 1234 à 1237. Son périmètre s’étend vers l’extérieur d’une quarantaine de
mètres.
Voici son tracé d’est en ouest : rues des
Trois-Colombes, Campane, Philonarde, Lices, Henri Fabre, Joseph Vernet et Grande-Fusterie. À l’angle des rues
Saint-Charles et Joseph Vernet, un fragment de cette muraille grossière est à l’air libre. D’autres
fragments de ces vieux murs ont été retrouvés au cours de prospections
archéologiques. Les autres souvenirs de ce rempart du XIIIe siècle
sont les noms des anciens portails et vous les rencontrerez en suivant
l’itinéraire cité précédemment : Portail Matheron, Portail Peint, Portail Boquier, Porte Evêque, Portail Bienson etc…Ces portes sont restées en
place jusqu’au XVIIIe siècle.
Enceinte du XIVe
siècle (c’est-à-dire le rempart actuel, en noir fractionné sur le plan) : édifiée entre 1355 et 1370 environ, sous
les pontificats d'Innocent VI et d'Urbain V, les
remparts d'Avignon sont parmi les mieux conservés de France. Avignon est alors
la ville où se trouve le pape et la population s’accroît de façon
impressionnante et s’étale dans les bourgs nouveaux à l’extérieur des murs. De nouveaux quartiers se développent, grâce aux
initiatives privées, à l’abord des portes et des couvents à l’extérieur de la première enceinte. Mais bientôt la sereine
prospérité d’Avignon laisse percer de nouvelles menaces. En cette
époque de la guerre de Cent Ans, des bandes de routiers semaient la terreur
dans la région et les débordements du Rhône revenaient inlassablement. Innocent VI
29 mars 2006
Place du Palais...le 28 mars 2006.
26 mars 2006
Images de rues
Il
y a quelques mois, une mosaïque.
Aujourd'hui, une deuxième mosaïque.
Space invader est revenu dans notre ville entre les deux photos.
Ci-dessus, les pavés de certaines rues.
La place des Carmes, dont j'ai déjà parlé, est en travaux.
Le marché aux fleurs du samedi et le marché aux puces du dimanche seront absents pendant quelques mois...
Deux vieilles portes dans les vieilles rues.
14 mars 2006
Pignotte
La Place de la Pignotte va de la rue du Chapeau Rouge jusqu'à la rue Paul
Saïn.
Le nom pourrait venir de l’italien pagnotta, petit pain, du fait qu’on distribuait du pain aux
pauvres gens dans une aumône qui se trouvait sur cette place. Ou bien parce que
ces petits pains avaient la forme d’une pomme de pin que les provençaux
appellent pignes ou pignons.
Ce lieu de charité avait été fondé par Jean XXII en 1316. Les autres papes ont
continué de maintenir cette institution surtout après les pluies diluviennes de
1347 qui, en détruisant les récoltes de blé, avaient fait grimper son
prix. L’aumône de la Pignotte avait été
construite sur une partie des terrains de l’ancien cimetière des Juifs, la
place formant un monticule (l’impasse de la Pignotte), les tombes ne prenaient pas l’eau en cas d’inondation.
N° 15 : ancien Hôtel des Achards de la Baume. Une grande porte le distingue des autres maisons ainsi que son balcon
et sa niche à l’angle avec l’impasse du Petit Saint-Jean. On y voit une très belle sculpture rénovée représentant une vierge portant son enfant sur le bras droit. Elle est
accompagnée d’un support pour une lanterne.
01 mars 2006
Place du Palais
De la place du
Puits des Bœufs au Rocher des Doms.
Le
nom date de l’époque où les papes vivaient à Avignon et avaient fait
construire cette grande maison qu'on appelle "le Palais des Papes".
Avant cela, la place n'existait pas puisque la ville
était tassée autour du Rocher.
Il
y eut sept papes avignonnais du 195ème
au 201ème (voir le message précédent: Les Papes d'Avignon).
La porte du Palais. Elle s'ouvre pour laisser entrer le flot de spectateurs pour les pièces dans la cour d'honneur.
Le
Palais que l’on peut admirer
actuellement a surtout était construit sous les pontificats de Jean XXII et de
Clément VI. C’est ainsi qu’on appelle Palais Vieux le palais de Clément V et Palais
neuf, celui de Jean XXII. Au
début, il n’y avait qu’un palais, le Petit Palais, qui était la demeure des Archevêques. Lorsque le premier pape,
Clément V, arriva le 21 mars 1305 dans la cité, il choisit d’installer sa
résidence dans le palais de l’évêque qui se trouvait près du Rocher, en plein centre de la ville construite sur les pentes de cette
colline avignonnaise. Le lieu était idéal pour lui. C’est donc sur les terrains
de l’ancien évêché, ainsi que sur les terrains avoisinants, que les papes
suivants agrandirent successivement le Palais des Papes. Le Petit Palais,
devenu palais épiscopal, subit des transformations en même temps.
Le
Palais vieux est à l’ouest de la place,
près de la
Basilique Notre-Dame des Doms et se compose d’un cloître,
d’une chapelle et de deux énormes tours, celle de la Campane et celle de
Trouillas.
Le
palais des congrès est également installé dans une partie de l’aile des
Familiers et dans la salle du Conclave. Ces parties sont exclues lors de la
visite du Palais des Papes, mais leurs portes sont parfois
ouvertes pendant les journées du Patrimoine.
Le
Palais Neuf, qui a toute sa façade au sud est beaucoup moins austère que le vieux
et de dimension plus importante. Les autres papes se contentèrent d’effectuer
des « travaux ». Le palais est considéré par certains comme une
des plus grandes habitations et par
d’autres la plus belle !
Aujourd’hui,
en plus de l’histoire qu’il renferme, il abrite régulièrement des expositions
parfois brillantes.
La
présence des Papes dans Avignon a fortement marqué les influences artistiques,
religieuses et politiques. Le Palais qui est leur œuvre est l’un des
atouts principaux de la renommée universelle d’Avignon avec le pont
Saint-Bénézet, dont le monde entier connaît la chanson que l’on fredonne dès
l’enfance. Lorsque nous arrivons du Gard, par les ponts du Royaume et
Dalladier, à l’heure où le soleil colore d’or les vieilles pierres, nous
continuons d’être émerveillés par la vue que nous offre cette immense bâtisse
par-dessus les remparts en face de nous et le pont, symbole de la ville, qui
arrête sa traversée au milieu d’un des bras du Rhône. La place du Palais est
une des plus belles du monde et elle figure parmi les sites classés par
l’Unesco. Le Palais des Papes d’un côté, l’Hôtel des Monnaies et la richesse excessive de sa
façade en face, au fond la belle perspective renaissance du Petit Palais et en
haut, le Rocher dominé par la basilique Notre-Dame des Doms. L’ensemble sous le regard de la vierge de la cathédrale qui vient juste d’être redorée et
qui s’illumine au plus léger rayon du soleil.
Après
le départ des papes, le palais eut des utilisations différentes. Il accueillit
l’armée pendant de longues années jusqu’à ce que Paul Pamard, alors maire d’Avignon, demande,
par une lettre du 1er mai 1860 adressée à l’Empereur Napoléon III,
la libération de ce monument. Le 15 janvier 1901, la ville et l’État signent
une convention. Avignon pourra récupérer le Palais Neuf si la ville construit une
caserne. En 1906, le Palais est libéré de ses soldats qui s’installent à la
caserne Chabran. La caserne Hautpoul existait déjà mais était devenue
insuffisante. Et les travaux de restauration du Palais des Papes n’ont pas
cessé depuis cette période. La place du Palais servit de décor en 1922 et 1923
à des troupes théâtrales. Une fois devant le Petit Palais, et l’année suivante
devant le Palais des Papes. Enfin, le 4 septembre 1947, une
nouvelle manifestation culturelle est inaugurée : la Semaine d’Art au Palais
des Papes. Jean Vilar monte la « tragédie de
Richard III » de Shakespeare qu’il
crée spécialement pour cet événement. C’était le début du Festival d’Avignon
dans la cour d’Honneur du Palais des papes. Excepté l’année 2003, où les
intermittents du spectacle, pour faire entendre leurs problèmes, ont voté
l’annulation de nombreux festivals, la cour d’Honneur propose chaque année des
créations à tous les amateurs de théâtre.
La
place du Palais fut même le lieu des
exécutions capitales et le billot était dressé devant les murs du Palais ;
plus tard, ce fut un gibet qui décorait la place puis la guillotine qui trônait
au milieu de ces murs historiques. Pendant la guerre de 1939 à 1945, le Palais
fut aussi un abri lors des bombardements et il y eut deux alertes dans la même
journée du 6 août 1944, la première à 9h40, l’autre à 18h15.
L’Hôtel
des Monnaies est le premier monument baroque
de la ville. Il a été construit par Jean-François de Bagni de 1614 à 1621. Suite à la
destruction des archives de la vice-légation, on ignore tout de ce Bagni.
Notons sur la façade presque aveugle (seul le rez-de-chaussée a des ouvertures) les
armoiries de Paul V surmontées de la tiare pontificale portée par des anges.
C’est tout un hommage à la famille Borghèse dont Paul V faisait partie, mais
également le cardinal en titre à Avignon, appelé Cardinal Borghèse de son vrai
nom Scipion Caffarelli. Des aigles sur le toit,
d’énormes guirlandes de fleurs et de fruits, donnent à l’ensemble de l’édifice
le style italien. Pendant la Révolution, l’Hôtel des Monnaies devint le logement du commandant
et des cavaliers de la marée-chaussée. Aujourd’hui, il abrite les cours du
Conservatoire de Musique de la ville.
L'Hôtel des Monnaies
Le
Musée du Petit-Palais : il fut construit par le Cardinal Arnaud de Via à partir de 1323
sur la vaste demeure du Cardinal Berenger Frédol l’ancien, lui-même ayant fait
sa maison de 1318 à 1320. Arnaud de Via agrandit la maison en achetant les
immeubles voisins. Benoît XII y transfère le siège épiscopal.
Après le départ des papes, le Petit Palais eut divers occupants jusqu’à ce
qu’il fut racheté par Julien de la Rovere, futur pape Jules II. Il habilla le bâtiment de deux
nouvelles façades de style renaissance italienne. En 1487, il avait ajouté une
tour qui s’effondra en 1767. Puis il devint Petit Séminaire au XIXe siècle et le
1er janvier 1910, école professionnelle et technique jusqu’en 1958,
date de son transfert, route de Tarascon. Il faut attendre 1976 pour qu’il
devienne le Musée qu’il est aujourd’hui. Le sigle qui symbolise le musée est la
feuille de chêne de Julien de la Rovere. On le voit au-dessus de la porte ainsi que les armoiries.
La porte des Champeaux est aujourd’hui l’entrée
principale du Palais des Papes. Les deux tourelles ont été reconstruites en
1933.Devant
les deux tourelles du Palais se trouvait la place des
Cancels : petite place située devant la première porte du Palais et
appelée ainsi à cause des barrières (cancelli) qui l’entouraient. Il existait
aussi la rue Champeaux : une des ruelles qui se trouvaient au milieu des petits champs
(campelli) devant le Palais des Papes et où les merciers exposaient leurs
étalages les jours de marché.
Toutes les maisons qui bordent le côté ouest de la
place ont leurs façades inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments
Historiques.
12 janvier 2006
Avignon
« En
Avignon » ou « à Avignon » ?
Même
si c’est plus joli à l’oreille de dire « en Avignon » c’est
complètement incorrect de nos jours. Lorsque nous parlons d'une autre
ville dont le nom commence aussi par la voyelle "A", nous disons sans
hésiter: je vais à Aix. Ou à Albi, à Arcachon, à Avallon, à Auxerre.
Autrefois, Avignon appartenait au Saint-Siège
et représentait donc un état à part entière gouverné par un vice-légat, il
était justifié de se rendre «en» Avignon, comme nous disons
«en Provence». Cette particularité a été valable du XIVe siècle à
1791.
Alors,
si d'autres personnes continuent encore maintenant de dire « en Avignon
», nous pouvons les corriger. Elles le disent soit par ignorance, soit
parce que ça évite un hiatus, soit par
pédantisme, ou alors ce sont des nostalgiques de l’Ancien Régime.
Image: Alexandre. Arrangements: Bernard
L’historique du nom " Avignon " :
À partir de 500 avant J.-C., la ville s'étend
considérablement autour du Rocher. Elle est occupée par le peuple celto-ligure
des Cavares. Le nom de la ville date de cette époque. "Aouen(n)ion", un nom d'origine cavare,
mais qui a deux interprétations : "ville du vent violent" ou encore "seigneur du fleuve" selon que la traduction est
faite à partir du celte ou du ligure. Il semble néanmoins que la seconde interprétation
soit plus vraisemblable.
Les autres "
Avignon "…
Le nom d’Avignon figure dans neuf dénominations de villes ou villages
français .
Quatre de ces dénominations sont pour des villes situées dans le Vaucluse
: Avignon, Cabrières d’Avignon, Morières-les-Avignon, Saint-Saturnin-les-Avignon.
Dans le Gard, on trouve Villeneuve-lez-Avignon (lez ou lès signifiant "près de"). Un Avignonet dans l’Isère, un
Chavignon dans l'Aisne, un Avignonet-Lauragais en Haute-Garonne, et enfin un
Avignon-les-Saint-Claude dans le Jura.







