08 juin 2006
Rouge
La rue Rouge va de
la place du Change jusqu'à la place de la Principale.
Certains disent aussi qu’un massacre aurait été
commis entre les Francs et les Sarrasins sur la place du Change et que les pavés de la rue étaient couverts
de sang, ce qui aurait donné le nom à la rue, mais aucun document ne le prouve.
Au numéro 4 de la rue, on peut voir en levant les yeux cette petite statuette d’une madone au dessus
de la boutique dans une niche creusée à même le mur.
28 août 2005
Roi René
La rue du Roi René va de la place Saint-Didier jusqu'à la place Noël Biret.
Rue obscure à cause des façades des maisons noircies par les années et la
pollution et où les voitures obligent les piétons à se réfugier sur des
trottoirs trop étroits. Toutefois, cette rue comporte des richesses
architecturales et le passant ne reste pas indifférent devant la
concentration d'hôtels particuliers du début de la rue aux numéros 7,
8, 10 et 12 (Hôtel de
Crillon , anciennement livrée de Pampelune, Hôtel de
Fortia de Montréal et Hôtel
d’Honorati de Jonquerettes). Les décorations originales attirent le regard.


Avant 1941, elle portait le nom de Rue de la Masse, celle-ci (qui existe
encore) se prolongeant jusqu’à la place Saint-Didier. Puis elle prit le nom de
René d'Anjou, né le 14 janvier 1409, le futur "roi René", frère de
Louis III d'Anjou. Il se marie avec Isabelle de Lorraine le 24 octobre 1420. Lors de la bataille de Bulgnéville, le 2 juillet
1431, il est fait prisonnier par Philippe le Bon.
Cette
rue a également été un lieu d’inspiration pour Pétrarque puisque qu’il aperçut
Laure de Noves pour la première fois dans les jardins de Sainte-Claire. C’était
le 6 avril 1327, il avait vingt-trois ans. Elle était mariée, mais il lui voue un amour intense et
passionné dans ses écrits. C’est aussi un 6 avril de l’an 1348 que Laure meurt
à Avignon de l’épidémie de peste noire.
Au
début de la rue, près de la place Saint-Didier, Space Invader est venu discrètement
et secrètement installer une mosaïque.
N° 14 à 20 : emplacement du couvent de
Sainte-Claire. Les religieuses de Sainte-Claire sont arrivées à Avignon en
1239. Mais c’est au XIVe siècle que leur couvent fut reconstruit.
Les portes, qui étaient ouvertes uniquement pendant le Festival d’Avignon, le sont
aujourd’hui dans la journée ; une percée a agrandi le jardin
initial et un autre jardin a été aménagé côté rue du Crucifix.
18 juillet 2005
Saraillerie
La rue Saraillerie va de la rue Galante à la place Saint-Didier.
C’est
dans cette rue que devaient se trouver tous les serruriers de la ville. Le nom vient du
provençal sarraiarié
(en graphie mistralienne), sarralhariá (en graphie classique),
"serrurerie" en français, de sarralha (fr.
"serrure"), nom qui vient lui-même du verbe sarrar (fr.
"fermer"), issu du latin serare, à rapprocher du grec seira
(fr. "chaîne, corde"), que l'on retrouve dans l'italien serrare,
le catalan, l'espagnol et le portugais cerrar. Le nom est très récent car il ne figure pas
sur l’annuaire de 1892. La rue a précédemment porté de nom de Eugène Dévéria et
de rue Galante qui la précède.
N°
43 : Presque sur la place Saint-Didier, une très belle et grande statue en
pierre (1m de hauteur environ), magnifiquement nettoyée, d’une vierge et son enfant aux visages sérieux. L’enfant
est debout sur une boule étoilée, la boule est elle-même posée sur un socle
recouvert de volutes. Le couvercle de la niche a la forme d’un dôme dont le
dessus est recouvert d’écailles et l’intérieur orné d’une coquille. Le socle
aussi a la forme d’une coquille. À côté de la statue se trouve une lanterne.
Et pour illustrer cette page, voici deux images de la même statue prises à des moments différents.
25 juin 2005
Saboly
La rue et la place Saboly se trouve entre la rue Favart et la rue Corderie, entre la place de l'Horloge et la place Carnot.
Nicolas Saboly naquit à Monteux le 30 janvier 1614. Ordonné prêtre, il fut maître de chapelle de 1640 à 1643 à la cathédrale de Carpentras puis à Arles, Nîmes et Avignon. Il était aussi poète et musicien et les noëls qu’il a écrits se seraient estompés dans la mémoire populaire sans le remarquable travail de François Seguin ; celui-ci a commencé de rassembler en 1877 les œuvres du poète et terminé vingt ans après par une publication. Nicolas Saboly mourut le 26 juillet 1675 à Avignon et fut enterré dans le chœur de l’église Saint-Pierre (tout près de la rue qui porte son nom) où une plaque de marbre rappelle son souvenir. Son buste se trouve dans sa ville natale, à Monteux sur une petite place devant l'église. Une mélodie que tout le monde connaît, puisqu’elle a été choisie par Frédéric Mistral pour être celle de l’hymne provençal, est extraite de l’œuvre d’un des Noëls de Nicolas Saboly, « Guihaume, Tòni, Peire ». Rien que pour cette anecdote, nous pouvons donc dire que les chants de cet homme resteront longtemps dans la mémoire collective.
À gauche de la rue de l’Arc-de- l’Agneau, lorsqu’on regarde vers la place Saint-Pierre, on peut voir sur le mur une mosaïque du célèbre Space Invader.
15 juin 2005
Rocher des Doms.
C’est du haut de ce promontoire que furent trouvées les premières traces de civilisation de la ville, le Rocher étant depuis l’antiquité un lieu de refuge d’où l’on pouvait se mettre à l’abri des agressions du fleuve et des ennemis en temps de guerre. Lorsqu’on consulte les documents anciens sur l’histoire d’Avignon, on constate qu’il a fallu attendre le milieu du XXe siècle pour cesser de lutter contre les eaux de façon permanente. Et même encore aujourd’hui, il arrive que des dispositifs de dernier recours soient mis en place pour empêcher le Rhône d’envahir la ville basse.
À l’époque romaine, ici, se trouvait un castrum. Au
XIe siècle, ce château devint la maison du comte, puis celle du
vicomte, puis celle de la commune. On construisit une chapelle à côté du
château. En 1618, l’ensemble prit le nom de Fort Saint-Martin. On en fit une
poudrière qui sauta un soir d’orage en causant des dégâts considérables au
Petit Palais et aux maisons voisines. Après ce désastre, seule une croix
couverte fut construite sur le Rocher ainsi que des moulins à vent. Ceux-ci
figurent sur le plan de référence de 1618 et sur
plusieurs dessins ou peintures anciennes.
Sur les parois rocheuses, deux carrières de pierre pour
la construction et pour les fours à chaux fonctionnaient. Puis, ce Rocher
devint très vite un lieu de promenade et les visiteurs étaient nombreux qui
voulaient admirer la vue sur le fleuve, le fort de la ville d’en face et les
montagnes provençales. Alors, dès 1754, des rampes furent installées depuis la
place du Palais pour faciliter la montée vers le Rocher et en 1830, des
personnes furent embauchées pour faire de ce gros caillou un jardin anglais.
Des mètres cubes de terre végétale ont été amenés ici dans cette intention. Une
pompe à vapeur fut nécessaire pour l’arrosage. Elle remplaça les provisions
manuelles effectuées à l’aide de tonneaux. Certaines semaines d’été, il fallait
plus de 40.000 litres
Des
rues, où les seuls véhicules qui y circulent sont ceux des services et
le petit train touristique, permettent la promenade sur ce grand jardin
avignonnais; elles ont pour noms: Montée des Moulins, Montée
Notre-Dame, Montée des Canons et Escaliers de Sainte-Anne.

