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webiane, les rues d'Avignon, les madones et autres statues, les niches même vides et la petite histoire de la cité des Papes.

08 juin 2006

Rouge

La rue Rouge va de la place du Change jusqu'à la place de la Principale. 

La rue Rouge est une rue de la zone piétonnière du centre historique de la ville à quelques pas de la place de l'Horloge. Elle se trouve tout près de la place du Change où circulaient la monnaie et les devises. Elle s’appelait la rue des Orfèvres car la corporation des orfèvres et des bijoutiers se tenait dans cette rue. Elle porte encore ce nom sur l’Annuaire Industriel et Commercial d’Avignon de 1892, p.44. Ces commerçants disposaient la marchandise sur du velours rouge pour la mettre en valeur ; au Moyen Âge, les mêmes métiers et commerces se rassemblaient dans un quartier ou une rue. Les boutiques de joailliers se touchaient et la couleur dominante de la rue était le rouge. Le nom est entré dans l’usage et est resté. Un document datant de 1568 nous signale que la maison de Tassel Bertaud est située « in carreria rubea, sive Pelleterie Antique »
Certains disent aussi qu’un massacre aurait été commis entre les Francs et les Sarrasins sur la place du Change
 et que les pavés de la rue étaient couverts de sang, ce qui aurait donné le nom à la rue, mais aucun document ne le prouve.

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Au numéro 4 de la rue, on peut voir en levant les yeux cette petite statuette d’une madone au dessus de la boutique dans une niche creusée à même le mur.

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28 août 2005

Roi René

La rue du Roi René va de la place Saint-Didier jusqu'à la place Noël Biret.

Rue obscure à cause des façades des maisons noircies par les années et la pollution et où les voitures obligent les piétons à se réfugier sur des trottoirs trop étroits. Toutefois, cette rue comporte des richesses architecturales et le passant ne reste pas indifférent devant la concentration d'hôtels particuliers du début de la rue aux numéros 7, 8, 10 et 12 (Hôtel de Crillon , anciennement livrée de Pampelune, Hôtel de Fortia de Montréal et Hôtel d’Honorati de Jonquerettes). Les décorations originales attirent le regard.
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Avant 1941, elle portait le nom de Rue de la Masse, celle-ci (qui existe encore) se prolongeant jusqu’à la place Saint-Didier. Puis elle prit le nom de René d'Anjou, né le 14 janvier 1409, le futur "roi René", frère de Louis III d'Anjou. Il se marie avec Isabelle de Lorraine le 24 octobre 1420.
 Lors de la bataille de Bulgnéville, le 2 juillet 1431, il est fait prisonnier par Philippe le Bon. À la mort de Louis III commence le règne bienfaisant du Roi René: réorganisation de l'administration financière, développement économique, etc…Le roi René revient en Provence en 1447 où il fait restaurer son château de Tarascon qui est toujours aussi imposant au bord du Rhône. En février 1453 son épouse, Isabelle de Lorraine, meurt. Ce qui incite le roi à faire son premier testament le 9 juin de la même année. Il se remarie le 10 septembre 1454, avec Jeanne de Laval, fille de Guy de Laval. Tous deux étant passionnés d’art et de culture, ils deviennent des mécènes en Provence où ils s’installent en 1471. Le Roi René y meurt le 10 juillet 1480.
Cette rue a également été un lieu d’inspiration pour Pétrarque puisque qu’il aperçut Laure de Noves pour la première fois dans les jardins de Sainte-Claire. C’était le 6 avril 1327, il avait vingt-trois ans. Elle était mariée, mais il lui voue un amour intense et passionné dans ses écrits. C’est aussi un 6 avril de l’an 1348 que Laure meurt à Avignon de l’épidémie de peste noire.

Au début de la rue, près de la place Saint-Didier, Space Invader est venu discrètement et secrètement installer une mosaïque.

N° 14 à 20 : emplacement du couvent de Sainte-Claire. Les religieuses de Sainte-Claire sont arrivées à Avignon en 1239. Mais c’est au XIVe siècle que leur couvent fut reconstruit. Les portes, qui étaient ouvertes uniquement pendant le Festival d’Avignon, le sont aujourd’hui dans la journée ; une percée a agrandi le jardin initial et un autre jardin a été aménagé côté rue du Crucifix.

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18 juillet 2005

Saraillerie

La rue Saraillerie va de la rue Galante à la place Saint-Didier.

C’est dans cette rue que devaient se trouver tous les serruriers de la ville. Le nom vient du provençal sarraiarié (en graphie mistralienne), sarralhariá (en graphie classique), "serrurerie" en français, de sarralha (fr. "serrure"), nom qui vient lui-même du verbe sarrar (fr. "fermer"), issu du latin serare, à rapprocher du grec seira (fr. "chaîne, corde"), que l'on retrouve dans l'italien serrare, le catalan, l'espagnol et le portugais cerrar. Le nom est très récent car il ne figure pas sur l’annuaire de 1892. La rue a précédemment porté de nom de Eugène Dévéria et de rue Galante qui la précède.

N° 43 : Presque sur la place Saint-Didier, une très belle et grande statue en pierre (1m de hauteur environ), magnifiquement nettoyée, d’une vierge et son enfant aux visages sérieux. L’enfant est debout sur une boule étoilée, la boule est elle-même posée sur un socle recouvert de volutes. Le couvercle de la niche a la forme d’un dôme dont le dessus est recouvert d’écailles et l’intérieur orné d’une coquille. Le socle aussi a la forme d’une coquille. À côté de la statue se trouve une lanterne.
Et pour illustrer cette page, voici deux images de la même statue prises à des moments différents.
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25 juin 2005

Saboly

La rue et la place Saboly se trouve entre la rue Favart et la rue Corderie, entre la place de l'Horloge et la place Carnot.

Cette rue était le lieu de ralliement de tous les cordonniers et portait le nom de Grollerie Vieille. Depuis l’élargissement de la rue Favart, la rue Saboly a également subi des transformations. La rue honore le nom de Saboly depuis 1843.

Nicolas Saboly naquit à Monteux le 30 janvier 1614. Ordonné prêtre, il fut maître de chapelle de 1640 à 1643 à la cathédrale de Carpentras puis à Arles, Nîmes et Avignon. Il était aussi poète et musicien et les noëls qu’il a écrits se seraient estompés dans la mémoire populaire sans le remarquable travail de François Seguin ; celui-ci a commencé de rassembler en 1877 les œuvres du poète et terminé vingt ans après par une publication. Nicolas Saboly mourut le 26 juillet 1675 à Avignon et fut enterré dans le chœur de l’église Saint-Pierre (tout près de la rue qui porte son nom) où une plaque de marbre rappelle son souvenir. Son buste se trouve dans sa ville natale, à Monteux sur une petite place devant l'église. Une mélodie que tout le monde connaît, puisqu’elle a été choisie par Frédéric Mistral pour être celle de l’hymne provençal, est extraite de l’œuvre d’un des Noëls de Nicolas Saboly, « Guihaume, Tòni, Peire ». Rien que pour cette anecdote, nous pouvons donc dire que les chants de cet homme resteront longtemps dans la mémoire collective.

À gauche de la rue de l’Arc-de- l’Agneau, lorsqu’on regarde vers la place Saint-Pierre, on peut voir sur le mur une mosaïque du célèbre Space Invader.

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15 juin 2005

Rocher des Doms.

C’est du haut de ce promontoire que furent trouvées les premières traces de civilisation de la ville, le Rocher étant depuis l’antiquité un lieu de refuge d’où l’on pouvait se mettre à l’abri des agressions du fleuve et des ennemis en temps de guerre. Lorsqu’on consulte les documents anciens sur l’histoire d’Avignon, on constate qu’il a fallu attendre le milieu du XXe siècle pour cesser de lutter contre les eaux de façon permanente. Et même encore aujourd’hui, il arrive que des dispositifs de dernier recours soient mis en place pour empêcher le Rhône d’envahir la ville basse.

À l’époque romaine, ici, se trouvait un castrum. Au XIe siècle, ce château devint la maison du comte, puis celle du vicomte, puis celle de la commune. On construisit une chapelle à côté du château. En 1618, l’ensemble prit le nom de Fort Saint-Martin. On en fit une poudrière qui sauta un soir d’orage en causant des dégâts considérables au Petit Palais et aux maisons voisines. Après ce désastre, seule une croix couverte fut construite sur le Rocher ainsi que des moulins à vent. Ceux-ci figurent sur le plan de référence de 1618 et sur plusieurs dessins ou peintures anciennes.
Sur les parois rocheuses, deux carrières de pierre pour la construction et pour les fours à chaux fonctionnaient. Puis, ce Rocher devint très vite un lieu de promenade et les visiteurs étaient nombreux qui voulaient admirer la vue sur le fleuve, le fort de la ville d’en face et les montagnes provençales. Alors, dès 1754, des rampes furent installées depuis la place du Palais pour faciliter la montée vers le Rocher et en 1830, des personnes furent embauchées pour faire de ce gros caillou un jardin anglais. Des mètres cubes de terre végétale ont été amenés ici dans cette intention. Une pompe à vapeur fut nécessaire pour l’arrosage. Elle remplaça les provisions manuelles effectuées à l’aide de tonneaux. Certaines semaines d’été, il fallait plus de 40.000 litres d’eau pour hydrater les plantes et les fleurs.
Des rues, où les seuls véhicules qui y circulent sont ceux des services et le petit train touristique, permettent la promenade sur ce grand jardin avignonnais; elles ont pour noms: Montée des Moulins, Montée Notre-Dame, Montée des Canons et Escaliers de Sainte-Anne.

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