26 février 2008
Portail-Boquier
La rue du Portail-Boquier va de la rue Joseph Vernet au Cours Jean Jaurès.
l'Université ayant déménagé pour aller place des Études, on a redonné à la rue son nom initial rappelant l’une des anciennes portes des remparts du Moyen Âge. Pendant la Révolution, on l’appelait la rue Vieux-Études.
Au début de cette rue un somptueux hôtel moderne
construit par Jean Nouvel a investi l’aile nord des locaux de l’ancien Hospice
Saint-Louis, lui-même ayant pris la
place du Noviciat des Jésuites de 1589. Louise d’Ancenuze a été le mécène de ce
Noviciat. Elle a fait un don généreux de dix mille écus pour que soient édifiés
une église et un corps de logis de style religieux. Cette église fut le premier
édifice baroque d’Avignon. Elle était surmontée d’un magnifique dôme. Elle fut
consacrée le 26 mai 1611, sous le vocable de Saint-Louis.
Le bâtiment forme un quadrilatère, l’église se
trouvant au nord, autour d’un espace central vide et à ciel ouvert ; la
cour carrée centrale du noviciat est entourée de galeries, qui la font
ressembler à un cloître, et de bâtiments dont la construction a duré plus d’un
siècle. Les ailes ouest et nord sont l’œuvre de François Royers de la
Valfenière en 1627. Jean Péru a œuvré au remodelage de l’aile
nord en 1712 et du grand escalier. Puis il éleva l’aile sud et commença l’aile
est qui donne sur la rue du Portail-Boquier. Il mourut avant la fin de son
travail en 1723. C’est son fils Jean-Baptiste qui termina cette partie du
bâtiment. On voit nettement que les influences artistiques avaient changé et
que le temps et les modes avaient passé entre le début et la fin des travaux.
Après le départ des Jésuites, les
religieuses de Sainte-Praxède (dont on voit le dos de l’église rue Félix Gras) en furent les propriétaires et y vécurent jusqu’à la
Révolution. Il faut attendre 1801 pour
que Napoléon, sur la demande de
Guillaume Puy alors maire d’Avignon, fasse de ce lieu une
succursale des Invalides de Paris. La succursale ouvre ses portes le 1er
janvier 1802 ; cinq cents invalides sont installés dans des locaux que la
Révolution avaient déjà transformés en hôpitaux militaires. Puis, en 1852, ce
fut un refuge pour les invalides civils. L’Hospice Saint-Louis a fonctionné
jusqu’en 1982. Aujourd’hui, en plus de l’hôtel précédemment cité, l’aile ouest
héberge l’institut Supérieurs des Techniques du Spectacle et le Festival
d’Avignon installe ses bureaux de location dans l’aile sud de juin à début août
de chaque année ; il est agréable de venir dans cette cour fermée de toutes
parts où de grands platanes procurent une ombre salutaire. Elle est silencieuse
et décorée en son centre d’une fontaine moussue.
La rue traverse ensuite le boulevard Raspail et termine son trajet dès qu’elle rencontre la rue Joseph Vernet . La porte des anciens remparts se trouvait au niveau de la rue de la Calade (Joseph Vernet). La rue de la République n'avait pas encore été percée.
14 mars 2006
Pignotte
La Place de la Pignotte va de la rue du Chapeau Rouge jusqu'à la rue Paul
Saïn.
Le nom pourrait venir de l’italien pagnotta, petit pain, du fait qu’on distribuait du pain aux
pauvres gens dans une aumône qui se trouvait sur cette place. Ou bien parce que
ces petits pains avaient la forme d’une pomme de pin que les provençaux
appellent pignes ou pignons.
Ce lieu de charité avait été fondé par Jean XXII en 1316. Les autres papes ont
continué de maintenir cette institution surtout après les pluies diluviennes de
1347 qui, en détruisant les récoltes de blé, avaient fait grimper son
prix. L’aumône de la Pignotte avait été
construite sur une partie des terrains de l’ancien cimetière des Juifs, la
place formant un monticule (l’impasse de la Pignotte), les tombes ne prenaient pas l’eau en cas d’inondation.
N° 15 : ancien Hôtel des Achards de la Baume. Une grande porte le distingue des autres maisons ainsi que son balcon
et sa niche à l’angle avec l’impasse du Petit Saint-Jean. On y voit une très belle sculpture rénovée représentant une vierge portant son enfant sur le bras droit. Elle est
accompagnée d’un support pour une lanterne.
01 mars 2006
Place du Palais
De la place du
Puits des Bœufs au Rocher des Doms.
Le
nom date de l’époque où les papes vivaient à Avignon et avaient fait
construire cette grande maison qu'on appelle "le Palais des Papes".
Avant cela, la place n'existait pas puisque la ville
était tassée autour du Rocher.
Il
y eut sept papes avignonnais du 195ème
au 201ème (voir le message précédent: Les Papes d'Avignon).
La porte du Palais. Elle s'ouvre pour laisser entrer le flot de spectateurs pour les pièces dans la cour d'honneur.
Le
Palais que l’on peut admirer
actuellement a surtout était construit sous les pontificats de Jean XXII et de
Clément VI. C’est ainsi qu’on appelle Palais Vieux le palais de Clément V et Palais
neuf, celui de Jean XXII. Au
début, il n’y avait qu’un palais, le Petit Palais, qui était la demeure des Archevêques. Lorsque le premier pape,
Clément V, arriva le 21 mars 1305 dans la cité, il choisit d’installer sa
résidence dans le palais de l’évêque qui se trouvait près du Rocher, en plein centre de la ville construite sur les pentes de cette
colline avignonnaise. Le lieu était idéal pour lui. C’est donc sur les terrains
de l’ancien évêché, ainsi que sur les terrains avoisinants, que les papes
suivants agrandirent successivement le Palais des Papes. Le Petit Palais,
devenu palais épiscopal, subit des transformations en même temps.
Le
Palais vieux est à l’ouest de la place,
près de la
Basilique Notre-Dame des Doms et se compose d’un cloître,
d’une chapelle et de deux énormes tours, celle de la Campane et celle de
Trouillas.
Le
palais des congrès est également installé dans une partie de l’aile des
Familiers et dans la salle du Conclave. Ces parties sont exclues lors de la
visite du Palais des Papes, mais leurs portes sont parfois
ouvertes pendant les journées du Patrimoine.
Le
Palais Neuf, qui a toute sa façade au sud est beaucoup moins austère que le vieux
et de dimension plus importante. Les autres papes se contentèrent d’effectuer
des « travaux ». Le palais est considéré par certains comme une
des plus grandes habitations et par
d’autres la plus belle !
Aujourd’hui,
en plus de l’histoire qu’il renferme, il abrite régulièrement des expositions
parfois brillantes.
La
présence des Papes dans Avignon a fortement marqué les influences artistiques,
religieuses et politiques. Le Palais qui est leur œuvre est l’un des
atouts principaux de la renommée universelle d’Avignon avec le pont
Saint-Bénézet, dont le monde entier connaît la chanson que l’on fredonne dès
l’enfance. Lorsque nous arrivons du Gard, par les ponts du Royaume et
Dalladier, à l’heure où le soleil colore d’or les vieilles pierres, nous
continuons d’être émerveillés par la vue que nous offre cette immense bâtisse
par-dessus les remparts en face de nous et le pont, symbole de la ville, qui
arrête sa traversée au milieu d’un des bras du Rhône. La place du Palais est
une des plus belles du monde et elle figure parmi les sites classés par
l’Unesco. Le Palais des Papes d’un côté, l’Hôtel des Monnaies et la richesse excessive de sa
façade en face, au fond la belle perspective renaissance du Petit Palais et en
haut, le Rocher dominé par la basilique Notre-Dame des Doms. L’ensemble sous le regard de la vierge de la cathédrale qui vient juste d’être redorée et
qui s’illumine au plus léger rayon du soleil.
Après
le départ des papes, le palais eut des utilisations différentes. Il accueillit
l’armée pendant de longues années jusqu’à ce que Paul Pamard, alors maire d’Avignon, demande,
par une lettre du 1er mai 1860 adressée à l’Empereur Napoléon III,
la libération de ce monument. Le 15 janvier 1901, la ville et l’État signent
une convention. Avignon pourra récupérer le Palais Neuf si la ville construit une
caserne. En 1906, le Palais est libéré de ses soldats qui s’installent à la
caserne Chabran. La caserne Hautpoul existait déjà mais était devenue
insuffisante. Et les travaux de restauration du Palais des Papes n’ont pas
cessé depuis cette période. La place du Palais servit de décor en 1922 et 1923
à des troupes théâtrales. Une fois devant le Petit Palais, et l’année suivante
devant le Palais des Papes. Enfin, le 4 septembre 1947, une
nouvelle manifestation culturelle est inaugurée : la Semaine d’Art au Palais
des Papes. Jean Vilar monte la « tragédie de
Richard III » de Shakespeare qu’il
crée spécialement pour cet événement. C’était le début du Festival d’Avignon
dans la cour d’Honneur du Palais des papes. Excepté l’année 2003, où les
intermittents du spectacle, pour faire entendre leurs problèmes, ont voté
l’annulation de nombreux festivals, la cour d’Honneur propose chaque année des
créations à tous les amateurs de théâtre.
La
place du Palais fut même le lieu des
exécutions capitales et le billot était dressé devant les murs du Palais ;
plus tard, ce fut un gibet qui décorait la place puis la guillotine qui trônait
au milieu de ces murs historiques. Pendant la guerre de 1939 à 1945, le Palais
fut aussi un abri lors des bombardements et il y eut deux alertes dans la même
journée du 6 août 1944, la première à 9h40, l’autre à 18h15.
L’Hôtel
des Monnaies est le premier monument baroque
de la ville. Il a été construit par Jean-François de Bagni de 1614 à 1621. Suite à la
destruction des archives de la vice-légation, on ignore tout de ce Bagni.
Notons sur la façade presque aveugle (seul le rez-de-chaussée a des ouvertures) les
armoiries de Paul V surmontées de la tiare pontificale portée par des anges.
C’est tout un hommage à la famille Borghèse dont Paul V faisait partie, mais
également le cardinal en titre à Avignon, appelé Cardinal Borghèse de son vrai
nom Scipion Caffarelli. Des aigles sur le toit,
d’énormes guirlandes de fleurs et de fruits, donnent à l’ensemble de l’édifice
le style italien. Pendant la Révolution, l’Hôtel des Monnaies devint le logement du commandant
et des cavaliers de la marée-chaussée. Aujourd’hui, il abrite les cours du
Conservatoire de Musique de la ville.
L'Hôtel des Monnaies
Le
Musée du Petit-Palais : il fut construit par le Cardinal Arnaud de Via à partir de 1323
sur la vaste demeure du Cardinal Berenger Frédol l’ancien, lui-même ayant fait
sa maison de 1318 à 1320. Arnaud de Via agrandit la maison en achetant les
immeubles voisins. Benoît XII y transfère le siège épiscopal.
Après le départ des papes, le Petit Palais eut divers occupants jusqu’à ce
qu’il fut racheté par Julien de la Rovere, futur pape Jules II. Il habilla le bâtiment de deux
nouvelles façades de style renaissance italienne. En 1487, il avait ajouté une
tour qui s’effondra en 1767. Puis il devint Petit Séminaire au XIXe siècle et le
1er janvier 1910, école professionnelle et technique jusqu’en 1958,
date de son transfert, route de Tarascon. Il faut attendre 1976 pour qu’il
devienne le Musée qu’il est aujourd’hui. Le sigle qui symbolise le musée est la
feuille de chêne de Julien de la Rovere. On le voit au-dessus de la porte ainsi que les armoiries.
La porte des Champeaux est aujourd’hui l’entrée
principale du Palais des Papes. Les deux tourelles ont été reconstruites en
1933.Devant
les deux tourelles du Palais se trouvait la place des
Cancels : petite place située devant la première porte du Palais et
appelée ainsi à cause des barrières (cancelli) qui l’entouraient. Il existait
aussi la rue Champeaux : une des ruelles qui se trouvaient au milieu des petits champs
(campelli) devant le Palais des Papes et où les merciers exposaient leurs
étalages les jours de marché.
Toutes les maisons qui bordent le côté ouest de la
place ont leurs façades inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments
Historiques.
03 octobre 2005
Pont-trouca.
La rue du Pont-trouca va de la rue Pasteur jusqu'à la rue Cornue.
Des documents anciens l’appellent déjà Carreria
Pontis Traucati. Le nom vient du provençal, Pont Troué ou Pont Percé. Il se
trouvait à cet endroit un pont qui enjambait la Sorgue et qui permettait la
communication avec le bourg des Matheron. Ce pont resta suffisamment longtemps
délabré avec quelques trous visibles entre les pierres. Les habitants du
quartier prirent l’habitude de désigner cette rue d’après le pont et le nom de
la rue s’est perpétué à travers les siècles.
Une note du 14 mai 1695 stipule « qu’il est
formellement interdit de s’assembler dans cette rue pour y jouer aux boules ou
pour s’y amuser en faisant du bruit ».
Aujourd’hui, la rue est une des quelques rues
calmes de la ville ; elle est peu empruntée par les véhicules à cause de
son étroitesse.
Ci-dessous une image d'une portion de la rue, un dimanche après-midi d'octobre.
Le numéro 5 de cette rue est le lieu de naissance du fils du félibre Irlandais, Bonaparte-Wyse.
Celui-ci avait habité quelques temps à Avignon. Charles-William
Bonaparte-Wyse est né en 1826 et mort en 1892. Il était irlandais de
naissance, fils d'un ambassadeur de la reine Victoria et petit-neveu de
l'Empereur Napoléon 1er. Il écrivit quelques poésies en provençal ("Les
Papillons Bleus", en 1868) et se rallia à la cause mistralienne. Et
surtout il s'engagea en faveur de 'l'Idée Latine". Ce mouvement (qui est
un projet politique et culturel) veut fédérer les identités occitane,
catalane, française, italienne, castillane, roumaine etc..
30 juillet 2005
Portail Boquier
La rue du Portail-Boquier va de la rue Joseph Vernet jusqu'au cours Jean Jaurès.
La
rue portait autrefois le nom de rue des Vieilles Études en souvenir de
l’emplacement de la première Université d’Avignon en 1303. Celle-ci ayant
déménagé, on lui a redonné son nom initial rappelant d’une des anciennes portes
des remparts du Moyen Âge. Mes recherches sur l'origine du mot "Boquier" n'ont pas abouti.
Au début de cette rue un somptueux hôtel moderne
construit par Jean Nouvel a investi l’aile nord des locaux de l’ancien Hospice
Saint-Louis, lui-même ayant pris la place du Noviciat des Jésuites de 1589.
Louise d’Ancenuze a été le mécène de ce Noviciat. Elle a fait un don généreux
de dix mille écus pour que soient édifiés une église et un corps de logis de
style religieux. Cette église fut le premier édifice baroque d’Avignon. Elle
était surmontée d’un magnifique dôme. Elle fut consacrée en 1611, le 26 mai,
sous le vocable de Saint-Louis.
Le bâtiment forme un quadrilatère, l’église se
trouvant au nord, autour d’un espace central vide et à ciel ouvert ; la
cour carrée centrale du noviciat est entourée de galeries, qui la font
ressembler à un cloître, et de bâtiments dont la construction a duré plus d’un
siècle. Les ailes ouest et nord sont l’œuvre de François Royers de la Valfenière,
Après le départ des Jésuites, ce sont les
religieuses de Sainte-Praxède (dont on voit le dos de l’église rue Félix Gras)
qui en furent les propriétaires et qui y vécurent jusqu’à la Révolution.
La
rue traverse ensuite le boulevard Raspail et termine son trajet dès qu’elle
rencontre la rue Joseph Vernet. La porte des anciens remparts se trouvait au
niveau de la rue de la Calade
(Joseph Vernet). La rue de la République n'avait pas encore été percée.


