27 mars 2007
Louis le Cardonnel
La place Louis le Cardonnel se trouve à droite et au début de la rue de la République, juste avant le Palais du Roure.
Une petite place avec au milieu un arbre et le buste de Frédéric Mistral témoigne le souvenir de Louis le Cardonnel à proximité d’un des lieux qu’il fréquentait assidûment : le Palais du Roure. C’est d’ailleurs Frédéric Mistral qui a baptisé cette demeure « Palais du Roure ».
L’abbé Louis Le Cardonnel, né à Valence le 22 février 1862 et mort à Avignon le 28 mai 1936, était poète. Son inspiration lui est venue lors de ses séjours à Assise en Italie. Ses œuvres se trouvent en grande partie dans la section Lettres Italiennes au Musée du Roure où il a vécu les dernières années de sa vie en même temps qu’Émile Espérandieu. Il est l’auteur des Carmina Sacra.
Cette placette piétonne est un endroit agréable et frais en été grâce à l’ombre providentielle de l'arbre et de la terrasse d’un café.
À
un angle, une niche abrite une vierge
et son enfant. L’ensemble est assez sale. Certains appellent cette
statue « la vierge noire ». Aujourd'hui, 4 janvier 2008, la niche est vide depuis plusieurs mois. Peut-être que la vierge noire va revenir toute propre.
09 décembre 2006
Jean Jaurès
Le cours Jean Jaurès va de la porte de la République jusqu'à la rue de la République qui est dans son prolongement. Jean Jaurès, de son nom d'état civil Auguste Marie Joseph Jean Léon Jaurès, est un homme politique socialiste français, né à Castres dans le Tarn le 3 septembre 1859. Il est mort assassiné par Raoul Villain, adhérent de la "Ligue des jeunes amis de l'Alsace-Lorraine", mouvement d'étudiants nationalistes le 31 juillet 1914 à Paris. Il était le fondateur du journal "L'Humanité". Des hommages lui ont été rendus et de nombreux lieux français portent aujourd'hui le nom de cet homme.
C'est la seule rue de la ville qui porte le nom de "cours".
La
porte de la République située en face la gare fut
percée en 1855 ; son caractère pseudo-médiéval est dû au style de
Viollet-Le-Duc. De cette porte neuve jusqu‘à l’ancienne rue de
la Calade (aujourd’hui
Joseph Vernet) fut tracé le premier tronçon de ce nouvel axe pour
ce nouvel Avignon qui se voulait moderne et qui avait tendance à oublier son
riche passé.
Voici
comment Paul Manivet parlait de
cette rue en 1913 dans son Recueil « Rues d’Avignon »:
Le cours
Voici le cours avec ses platanes nombreux
Caserne, hôtels, cafés que prolongent les tables
Sur les trottoirs brûlants, oasis délectables
C’est là que gesticule et muse un peuple heureux.
Loin des bureaux malsains et des casiers poudreux
Des jeunes gens commis et clercs causent entre eux
De leurs amours et des potins inévitables.
Les vieux de Saint-Louis s’affalent sur les bancs
Les marchands de gâteaux circonviennent les mères.
De promeneurs qui vont devisant et riant
Endorment les douleurs et bercent
les chimères.
Le
29 juin 1854 est la date du premier départ d’un train de voyageurs allant vers
Paris. Il fallait alors aux avignonnais et visiteurs de la cité des papes une
avenue qui relie directement la gare à la place de l’Horloge. La rue nouvelle prit le nom de cours et rue Bonaparte car Napoléon III avait approuvé
le plan général des travaux que lui avait soumis Paul Pamart, alors maire d’Avignon en juillet 1855 (voir détails
dans la « rue de la République »).
Actuellement,
au moment de l’écriture de cette page, des travaux importants pour une aire de
stationnement souterrain défigurent le cours Jean Jaurès. Dès la fin de ces travaux, nous pourrons voir les
statues de Jean Jaurès et du Maréchal
De Lattre de Tassigny sur l’esplanade
devant la Cité Administrative.
La
Cité Administrative, à droite de la rue, s’est installé dans les anciens locaux
de la caserne Hautpoul (du nom de deux
généraux de l’Armée Française).
À
gauche au début de la rue et faisant face à la Cité Administrative, se trouve
la Chambre de Commerce.
Plus
loin sur la gauche à l’emplacement de la Banque Chaix, se trouvait autrefois
l’hôtel Crillon, très bien placé pour accueillir les voyageurs descendant
du train. Un magnifique jardin intérieur faisait la beauté et la réputation de
cet hôtel très renommé. Cet hôtel a fonctionné jusqu’au début du XXe
siècle à cet endroit.
Nous
voyons ensuite le square Agricol Perdiguier englobant les
vestiges du cloître Saint-Martial dont l'entrée se situe rue Henri Fabre.
En
face du jardin, le cinéma le Palace, a pris place dans l’ancien bâtiment l’Eden
dans le style art nouveau, qui fut tour à tour théâtre, café, puis est devenu
le cinéma qu’il est encore aujourd’hui.
La Poste (ou plutôt les Postes ou les PTT) se trouvait là où se trouve maintenant et depuis longtemps, l’Office du Tourisme d’Avignon. Cette page du passé est restituée sur quelques anciennes cartes postales représentant le départ des facteurs côté rue Henri Fabre.
12 août 2005
Jérusalem
La place Jérusalem va de la place Carnot à la rue Florence.
S‘est précédemment appelée place Victor Basch.
Victor Basch était né à Budapest en 1863. Hongrois naturalisé français, il
était socialiste et militant pour la justice. Il fut Président de la ligue des
Droits de l’Homme. Lui et sa femme furent victimes des maréchalistes en 1944.
Elle faisait partie du quartier de la Juiverie qui
avait une désignation générique et formait une communauté à part avec une
organisation particulière. Le Viguier d’Avignon y faisait la loi et la
surveillance.
Les demeures des juifs se situaient autour de la
Synagogue (qui se trouve encore sur cette place) et de l’école des hommes et l’école des femmes. Derrière l’école (escole
ou synagogue) il y avait un lieu pour célébrer les mariages. Ce lieu se nommait
Lazina. Un autre lieu dit Lazara ou Hazara existait. La place dite « du
Parquet » (ou plan du puits ou rue de l’escole ou place du parvis) avec un
puits en son centre servait de forum. Sur cette place se trouvait le four à
pain azyme. Cette place, suite aux démolitions de maisons qui l’entouraient,
fut agrandie. Le cimetière se trouvait à la Pignotte. Les maisons vétustes ont
toutes été démolies en 1886-1898. Il ne reste aujourd'hui plus que la rue Jacob et la place
Jérusalem pour définir le quartier juif. Même la synagogue est récente puisque
l’ancienne a été détruite par un incendie en 1845. Celle que nous voyons
aujourd’hui date de 1848 et est l’œuvre de Joffroy, architecte.
Deux barrières ou cancels servaient à enfermer les
juifs dans ce quartier ; un acte de 1531 nous signale la seconde dans la
rue Abraham qui portait ce nom depuis 1843. Elle allait de la rue de la
Saunerie à la place Jérusalem. ; la première était dans la rue Jacob.
L’arcade dans le passage devant la Synagogue que
forme la rue Bernheim-Lyon vers la rue du Vieux-Sextier est l’une des trois
portes de la Carrière des Juifs au XVIIIe siècle. La deuxième se
nommait Porte Saint-Pierre et se trouvait vers la place Carnot actuelle. La
troisième s’appelait Portalet de la Calandre, nom d’une rue voisine disparue
aujourd’hui, et donnait sur la rue du Saule (rue Thiers).
Les juifs, du XIIe au XVIe
siècle, n’étaient pas un peuple persécuté comme il l’a été plus tard, mais plutôt
une communauté qui s’enrichira progressivement par la finance, le trafic et
l’exercice de la médecine. Ils comptent parmi leurs clients les plus grands de
la ville ; ils fournissent les épices à l’Évêque, les literies au Recteur
du Comtat, approvisionnent le Chapitre de Notre-Dame des Doms avec les langues
de bœuf de leur boucherie et apportent les fagots de bois pour les feux de joie
allumés pour les nouveaux consuls de la ville.
07 juillet 2005
Limas
À la demande d'un célèbre ancien habitant de la rue qui fête ses soixante ans, je vous parlerai aujourd'hui de la rue du Limas.
La rue du Limas va de la place Crillon jusqu'à la rue Ferruce.
Le mot Limas vient du latin limaceus qui signifie boueux. Dès que le Rhône était en crue, l’eau limoneuse s’infiltrait par la porte du Rhône et envahissait la rue du Limas. À la décrue, il ne restait que la boue. Les récentes inondations de décembre 2003 nous ont prouvé que l’eau du Rhône sautait par dessus et à travers les batardeaux pour venir se répandre dans la rue du limas. À la sortie de la rue du Limas, le promeneur a le plaisir de voir le Pont Saint-Benézet à travers la Porte du Rhône comme on le voit sur la photo.
Au niveau de la rue du Petit-Limas, une inscription nous montre le niveau du Rhône lors de l’inondation du 4 novembre 1840.
Au numéro 32, on peut remarquer cette maison très étroite qui ne doit comporter qu’une pièce par étage. L’immeuble en compte deux.
Au numéro 34 de la rue, nous voyons un bas-relief sur le mur dont il reste une tête de cheval et deux personnages; il représente le ferrement d’un cheval. Le milieu, qui était occupé par saint Eloi, est absent comme s’il avait été cassé.
Au numéo 49 : niche d’angle avec une vierge voilée de la tête aux épaules.
Au numéro 55, une très jolie vierge de couleur rouille entre deux fenêtres ; le bas de sa robe est ornée de dentelle sculptée dans la pierre, elle regarde l’enfant qu’elle porte sur son bras gauche avec beaucoup d’amour. L’enfant fait le geste de bénir.
La niche est creusée dans le mur.
Cette statuette est identique à celle qui se trouve à l’angle de la place Saint-Didier et de la rue des Trois-Faucons.
Au numéro 59, une vierge avec enfant à sa gauche, coquille st-jacques au-dessus.


