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webiane, les rues d'Avignon, les madones et autres statues, les niches même vides et la petite histoire de la cité des Papes.

19 décembre 2005

Bancasse

La rue Bancasse va de la place du Change à la rue Mignard.

Les rues de la ville, au Moyen Âge, étaient étroites et tortueuses. Mais, celle-ci passait pour être la magna carreria (la grande rue), nom donné également à la rue Bouquerie.
Elle était la rue de la Muse
 du XIIIe au XIVe siècle parce qu’un marchand ou fabricant d’instruments de musique avait placé une cornemuse en guise d’enseigne au-dessus de son échoppe.
Au XIVe siècle, son nom devint rue de l’Argenterie
 à cause d’un grand nombre d’argentiers (les banquiers ou financiers du Moyen Âge) exerçant ici. Un acte de 1469 l’appelle déjà rue de l’Argenterie. C’est ici que se trouvait au XVe siècle la Maison Commune, ou Hôtel de Ville, qui s’étendait jusqu’à la place de l’Horloge actuelle. Un acte passé entre la ville et Jean Bastier le 25 février 1418 en témoigne. Ce lieu était une dépendance de l’ancien Jeu de Paume, qui fut ensuite Livrée de Pierre Ithier. 
Un autre acte de 1552 fait état d’un organisme de crédit dans cette rue, près de la rue de l’Anguille
 (qui allait de la rue Dorée à la rue Saint-Marc), ce qui lui aurait valu ce nom de Bancasse ou Banquasse. Pourtant, il faut attendre la fin du XVIe siècle pour voir ce nom dans un livre de l’Estime des Maisons (1595) qui fait partie des archives de la ville.
Certains ont dit aussi que le nom viendrait d’une famille Brancas
, que l’on devrait dire rue Brancasse, mais on sait pourtant que cette famille n’habitait pas dans cette rue.
En 1660, une rectification d’alignement des habitations dans le cadre d’un réaménagement de la ville afin de faciliter le passage des voitures à chevaux ou des carrosses est opérée dans cette rue. À l‘époque, les travaux publics de la ville étaient de faible envergure.
En 1943, les services de la Gestapo (Geheime-Staats-Polizei) s’étaient installés dans l’Hôtel de la Cigale situé rue Bancasse
. Et le 5 avril de cette année-là, onze personnes furent arrêtées et incarcérées dans la caserne de Hautpoul (aujourd’hui devenue Cité Administrative) avant leur transfert en camp de concentration en Allemagne.

N° 11 : Hôtel de Tonduti de Blauvac qui fut reconstruit en 1726 par Jean-Baptiste Franque. Il appartenait en 1644 à Jean-Baptiste de Tontudi, marquis de Blauvac. Il y eut de nombreuses réparations en 1662.  Il devint bien national à la Révolution. Mathieu Jouve-Jourdan y habita un an (1793) pour un loyer de cent cinquante livres.

N° 13 : grande niche vide en pierre.
N° 15 : Hôtel Cappeau de Saint-Marc
 datant du XVIIIe siècle. Au-dessus de la porte d’entrée, voir le balcon de pierre.

N° 23 : regarder le magnifique balcon en fer forgé très travaillé sur lequel figurent deux têtes de femmes et une d’homme.

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21 novembre 2005

Biret

La rue Noèl Biret va de la rue du Roi René à la rue des Lices.

Elle s’appelait autrefois place du Petit-Paradis. Les « paradis » étaient des lieux aménagés pour le repos et placés sur le chemin des processions religieuses. La ville a donné à cette rue le nom de Noël Biret, car lui-même avait donné au Musée Calvet sa collection de ferronnerie ancienne de plus de six mille pièces. Il était serrurier et a vécu de 1838 à 1918. Le nom de la rue est donc relativement récent. On peut voir son atelier sur d’anciennes photographies ou cartes postales.

C’est dans cette rue, exactement au Couvent des religieuses de Sainte-Claire, que Pétrarque a vu Laure de Noves pour la première fois. C’était le 6 avril 1327 et ses écrits par la suite en sont un témoignage émouvant. Il avait vingt trois ans et cette rencontre sera pour lui l’inspiration de certaines de ses œuvres littéraires dont Canzoniere. Trois cent soixante sept pièces en toscan (des sonnets surtout) qui célèbrent Laure.

N° 12 : une jolie petite vierge en pierre de couleur grise est en prière dans une niche dont le auvent est festonné. Une croix surmonte l’ensemble. La suspension qui l’accompagne sert de support à une plante.

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La portion de rue qui prolonge la rue du Crucifix et qui est aujourd’hui une impasse était une rue qui rejoignait le Portail peint et s’appelait rue du Sac à cause de son étroitesse.

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05 octobre 2005

Carmes

La place des Carmes se trouve entre les rues de la Carreterie et des Infirmières, au niveau du clocher des Augustins.

Le nom lui vient évidemment de l’établissement créé par les Religieux du Mont Carmel en 1267, hors des murs de la ville et à proximité des infirmeries. Ces religieux possédaient un lot de petites maisons qui formait l’Isle 14. En 1791, ces maisons furent démolies et, depuis, ce numéro d’Isle est absent dans la série des 157 qui compose la ville intra-muros.

En 1790, l’arbre de Mai est planté au milieu de la place et celle-ci est baptisée place de la Liberté. De même, la décision est prise cette année-là d’y installer le marché aux chevaux.

Le Cloître et l’église des Carmes dominent la place. Cette ancienne église du couvent des Carmes est considérée comme la plus vaste de toutes les églises d’Avignon avec son ample vaisseau à deux niveaux, ses sept travées bordées de chapelles, l’église a connu de nombreuses modifications à travers les siècles. Les Grands Carmes ont occupé leur monastère, qui se trouvait en ce temps-là extra-muros, depuis 1267. La reconstruction de l’église commence vers 1320, mais il faudra attendre le 10 avril 1520 pour voir la consécration solennelle. Le 20 mai 1672, la nef s’effondre entraînant dans sa chute la couverture en charpente. Les réparations furent effectuées en provisoire et ce n’est que presque deux siècles plus tard que le maire d’Avignon, Roque de Saint-Prégnan, fit entreprendre la restauration de cette église en construisant une voûte. Pendant la Révolution, l’église fut épargnée car elle était affectée aux réunions et aux assemblées du peuple.  En 1803, l’église Saint-Symphorien de la rue de la Banasterie ayant été démolie, l’église prit le nom de Saint-Symphorien. L’intérieur de l’église possède des tableaux et des sculptures, œuvres de Nicolas Mignard et de Pierre Parrocel ainsi que des fonts baptismaux du XVIe siècle, un autel en bois doré datant du XVIIe siècle. Un orgue à trente-sept jeux date de 1871; elle est l’œuvre de la maison Cavaillé-Coll de Nîmes.
La façade originelle très austère est agrémentée par une belle rosace. Elle est percée d’un portail au XVe siècle et des portes latérales ont été rajoutées au XIXe siècle. Le clocher du XIVe siècle est similaire aux autres clochers de la ville et correspond au modèle avignonnais de l’époque.

Cette place abrite chaque samedi le marché aux plantes et fleurs et chaque dimanche le marché aux puces de la ville. Autrefois, c’était « le marché aux vieux fers ». L'une de nos personnalités provençales, Henri Bouvet y consacre tout un chapitre qu’il intitule « marcat di ferre vièi » dans son livre « Moun Vièi Avignoun ». Une fontaine avait été placée au milieu de la place pour le centenaire de la Révolution, mais elle fut enlevée pour faciliter le garage des voitures. Elle serait pourtant bien utile aux marchands les samedis et les dimanches et aux promeneurs les jours de canicule.
Quelques images du marché aux puces hebdomadaire.

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27 septembre 2005

Bellaud de la Bellaudière

La petite rue Bellaud de la Bellaudière va de la rue Guillaume Puy jusqu'à la rue Honoré d'Urfe.

Louis Bellaud de la Bellaudière
 est né à Grasse en 1532 et mort en 1588 ; c’est lui qui donna au provençal un nouvel élan poétique. Il a été précurseur des félibres mais ses tentatives pour mettre la langue provençale à l’honneur ont échoué. Pourtant, c’est grâce à ses écrits et à ceux de ses disciples Pierre Paul et Robert Ruffi, qu’on a parlé de renaissance provençale à la cour de Henri d’Angoulème à Aix-en-Provence. Leurs œuvres ont inauguré les thèmes de la « provençalité littéraire : célébration lumineuse du pays dans une poésie sensuelle teintée d’ironie ». Bellaud de la Bellaudière fut, entre autres, l’auteur d'Obros et Rinos, du Dondon Infernau (la cloche infernale) et du Passatens (passe-temps). Souvent prisonnier pendant les guerres de religion, il dénoncera dans ses œuvres l'arbitraire et la dure vie des prisons. 
Bellaud de la Bellaudière fit partie de ces personnages pittoresques qui marquèrent leur époque.

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21 septembre 2005

Ciseaux d'Or.

La rue des Ciseaux-d'Or va de la place Saint-Pierre à la rue de la Peyrolerie.

La première fois que j'ai lu le nom de cette rue sur la plaque, ce mot m'a renvoyé aux contes pour enfants: je pensais qu'ici autrefois, devait se trouver un atelier où des ciseaux d'or coupaient des tissus destinés à être des vêtements de reines, de princesses ou de fées. Et puis, j'ai eu l'explication.

Au XVe siècle, elle était la rue de Cabassole, ce nom venant d'une illustre famille dont plusieurs membres eurent des affectations et des titres prestigieux. Plus tard, elle emprunta le nom d’une enseigne d’hôtel qui était exploitée par Antoine Pique Sethe: Hostellerie des Ciseaux d'Or. Ce mot de "Ciseaux d’Or" venait sûrement du fait que le Marché au Fil se tenait dans la rue de la Peyrolerie voisine. Dans la rue des Ciseaux d'Or se trouvait la livrée de Hugues de Saint-Martial, qu’Innocent VI avait nommé Cardinal en 1364.
Au XIXe siècle, la rue des Ciseaux d’Or traversait la rue de la Peyrollerie, continuait dans la rue de Taulignan et aboutissait à la rue de la Banasterie où l'on voit encore la trace gravée sur le mur au-dessus du panneau indiquant la rue de Taulignan côté Banasterie.


Comme de nombreuses autres rues autour du Rocher, la rue des Ciseaux d’Or attirait les clients pour ces maisons où se rassemblaient les péripatéticiennes bien avant Marthe Richard.

Des vestiges de caves ont été découverts et sont enfouis à 3 mètres au-dessous du sol de cette rue.

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05 septembre 2005

Aigarden

La rue de l'Aigarden va de la rue Paul Manivet jusqu'à la rue du Portail-Magnanen.

Cette rue existait au Moyen-Âge.
Aïgarden ou « eau-de-vie », est le nom donné à une portion de cette rue à cause d’une distillerie installée il y a longtemps. La plus ancienne mention connue de ce nom remonte à 1695. Une note explique (terrier du chapitre de Saint-Didier
) qu’on a changé le nom du bourg des Hortigues, dit le terrier, en rue de l’Aigarden. Avant 1843, il y avait deux rues dans le même alignement : la rue Ortigon et la rue de l’Aigarden séparées par la rue des Trois-Testons. En 1843, seul resta le nom actuel de la rue. Le nom d’Ortigue ou Ortigon est celui d’une vieille famille qui possédait un de ces petits bourgs hors les murs de la ville appelés « bourguets ». Une de leurs maisons fut comprise plus tard dans la livrée du Cardinal d’Ostie. Pierre Ortigue, dont le nom figure sur un des actes de novembre 1229 à propos des travaux de la Durançole, était membre du Conseil Général de la ville. Ce nom d’Ortigue continuera de paraître parmi les notables de la ville plusieurs fois au cours des siècles suivants. En 1470, le viguier s’appelait Noble Antoine d’Ortigue. Un autre, étant premier consul, fut désigné pour aller à la rencontre de Julien du Roure, cardinal-légat, venu au nom du pape, prendre possession d’Avignon et du Comtat dont le Roi de France venait de se dessaisir ; il avait nom Ortigue d’Ortigue.

À l’angle de la rue de l’Aigarden et de la rue des Trois-Testons, on voyait autrefois une niche abritant une jolie vierge aux rayons sur un fond bleu ; sur ses côtés, il y avait une suspension en métal.

N° 25 : en levant les yeux nous voyons une niche cintrée avec des colonnes carrées et un soubassement orné de coquilles qui abrite une vierge et son enfant à sa gauche ; l’enfant tenait une figue dans sa main mais tout son buste est mutilé ainsi que son bras; on peut lire au-dessous « Notre-Dame de la Figue ». À l’époque, ce quartier était surtout peuplé d’agriculteurs et les nombreux jardins favorisaient la prolifération de figuiers qui poussaient un peu partout. Notre-Dame de la Figue était vénérée avant la Révolution dans la chapelle Notre-Dame du Salut qui se trouvait à l’angle des rues des Lices et du Portail-Magnanen. Une niche vide se trouve à cette adresse pour alimenter le souvenir de cette chapelle.

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Deux images de la même statuette vues de la rue.

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27 juin 2005

Folco de Baroncelli.

La rue Folco de Baroncelli va de la rue Joseph Vernet jusqu'à la place Crillon.

Folco de Baroncelli est un des descendants de la lignée de Pierre de Baroncelli, ancien propriétaire de l’actuel Palais du Roure. Il se retira en Camargue où il fut pris de passion pour les chevaux camarguais. Son intérêt pour les taureaux et les chevaux de cette région contribua largement à sauver cette race. Une grande part des souvenirs qu’il a accumulés dans sa manade aux Saintes-Maries de la Mer se trouve exposée dans les lieux qui furent sa maison.

À cause du nom de Baroncelli, j'ai cru bon de mettre les rues Emile Espérandieu et Collège du Roure à la suite.

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Collège du Roure.

La rue du Collège du Roure va du Palais du Roure à la rue Viala (place de la Préfecture).

Un de ses anciennes appellations est rue Triperie Vieille. Puis, elle a été nommée Carriera de l’Amorier ; ce nom était dû à la taverne de l’Amorier que Pierre Baroncelli acheta en 1466 pour y faire sa maison. Elle allait de la rue de l’Argentière à la rue des Masses. Elle nous montre la façade à l’ombre du Palais du Roure. Elle porte aujourd’hui le nom d’un de ses anciens aboutissants, le Collège du Roure. Celui-ci avait été fondé en 1476 dans la Livréede Poitiers par Julien de la Rovere (futur pape Jules II en 1503). Ce collège accueillait gratuitement les étudiants pauvres. Il subsista jusqu’au XVIIe siècle. En 1709, il fut réuni au Collège Saint-Nicolas d’Annecy. Ce collège est aujourd’hui occupé par la préfecture de Vaucluse.

N° 3 : Palais du Roure. Autrefois, cet immeuble était la taverne de l’Armorier ou du Mûrier. En 1469, Pierre Baroncelli, achète cette taverne et deux autres maisons voisines pour en faire sa résidence. On en attribue aujourd’hui la construction à Antoine Colin dit La Coque. Un des fils de Baroncelli, Julien, a épousé la nièce de Julien de la Rovere; c’est grâce à cette union que les Baroncelli, seigneurs de Javon, acquirent leur titre de gloire et que le mot «Roure» (traduction française de Rovere ) reste le mot qui désigne cette demeure qui est aujourd’hui la plus belle maison gothique d’Avignon. Quelques vestiges datent encore de cette époque ; les esthétiques croisillons de branchages presque dénudés et sculptés en relief sur le mur entourent un ensemble effacé par le temps. On distingue vaguement deux personnages debout portant un très imposant heaume. On a longtemps pensé que ces branchages étaient du chêne et pourtant ce sont des branches de mûriers qui rappellent le nom de la taverne; même les Baroncelli étaient persuadés que Julien de la Rovere était le créateur de cet immeuble.

Pendant la Révolution, l’hôtel devint le siège du Comité Révolutionnaire d’Avignon et servit aussi de logement pour les officiers. Il fallut attendre le début de l’Empire pour que les Baroncelli retrouve leur maison. Folco de Baroncelli fut le secrétaire de rédaction du journal de Mistral, « L’Aioli », dont le siège était l’hôtel des Baroncelli. C’est d’ailleurs Frédéric Mistral qui a baptisé cette demeure « Palais du Roure ».

En 1918, cet immeuble devint la propriété de Etienne Meller et sa fille, Jeanne de Flandreysy. Après trente années de travail acharné, Jeanne de Flandreysy restaura cette maison qui avait subi d’importantes dégradations et ce lieu se transforma en endroit de rencontre culturelle. En 1941, le Palais du Roure est classé monument historique. Puis, la ville d’Avignon en est devenue propriétaire par donation en 1944. Enfin, depuis 1952, le Palais du Roure est « L’Institut d’Études Méditerranéennes » sous la direction des Universités de Montpellier et d’Aix-Marseille et de plus, il conserve les archives de la famille Baroncelli du XVe  au XIXe siècle.

Dans la cour, décorée de nombreuses cloches, il y a une jolie niche qui abrite la madone de l’hôtel de Javon et son enfant dont il manque les bras. La niche est creusée dans la muraille.

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