25 mars 2009
Les murs racontent l'histoire
Parfois, nous trouvons une inscription à côté d'une autre;
et les deux sont contradictoires.
Et pourtant, chaque inscription nous raconte une histoire,
parfois l'Histoire,



parfois un simple événement ponctuel.
Même les pochoirs, les graffitis ou les marques des compagnons.
12 mai 2007
Les chapelles du Palais des Papes
Un lien pour faire une visite virtuelle du Palais des Papes et pour en savoir encore plus sur la vie des papes à Avignon de 1309 à 1423.
http://www.culture.gouv.fr/culture/palais-des-papes/fr/
27 avril 2006
Les Murs d'Avignon
"Le temps a donné à ces pierres si égales, si bien jointes,
d'un si beau poli, une teinte uniforme de feuille sèche qui en augmente encore
la beauté" (Stendhal).
Stendhal, qui fit de nombreux séjours à Avignon, n’a pas été insensible à la
beauté de ces vieilles pierres qui entourent de façon élégante la vieille
ville. Prosper Mérimée, en tant qu’inspecteur des monuments historiques, a beaucoup œuvré
pour la sauvegarde et la réhabilitation de ces murs. Un projet de chemin de fer
devait démolir toute la partie des remparts côté Rhône.La gare se serait trouvée aux allées de l’Oule. Prosper Mérimée s’y
est opposé énergiquement. Viollet le Duc a procédé à une restauration « à
l’ancienne » en 1860. Depuis cette date, la ville continue de protéger ces
murailles en créant des espaces verts autour des remparts, empêchant ainsi les
véhicules de se garer. Les remparts
d’Avignon ont été bâtis avec une pierre calcaire tendre et très abondante dans
toute la région appelée communément « pierre du Midi » et
« molasse burdigalienne » par les experts.
Les
remparts actuels mesurent
Avant le rempart actuel, il y eut plusieurs enceintes :
Une image pour vous donner une idée:
L’enceinte romaine ( ne figure pas sur le plan) : dès le 1er siècle, on a la
certitude que des fortifications existaient déjà comme dans toutes les autres
villes marchandes qui étaient obligées de se protéger. Des remparts entouraient
la ville haute c’est-à-dire le rocher, la place du Palais et le forum qui se situait à
l’endroit où se trouve la place de l’Horloge. Le rocher avait un rôle de mirador pour la surveillance
et de refuge en cas d’agression du fleuve ou des assaillants.
Hélas, seule l’hypothèse, approuvée plus tard par de
nombreux autres historiens, que nous a laissée Sylvain Gagnière après de savantes et rigoureuses
recherches, nous a permis de trouver le tracé de cette première enceinte
édifiée par les Romains au début de notre ère.
Voici
donc à peu près ce tracé de l’enceinte romaine:
-À l'ouest : rue Petite-Reille, rue des Grottes, rue Racine, rue Bouquerie.
-Au midi: les rues Collège d'Annecy, des Etudes et Crucifix.
-À l'est : les rues Four de la Terre, Chapeau Rouge, Oriflamme et Sorguette.
-Au nord : le rattachement à l'oppidum du Rocher des Doms se situerait vers la rue de la Forêt et la chapelle des Pénitents noirs.
Après que les populations ont été décimées par les guerres et
les épidémies, à la fin de l’Empire Romain, d’autres murs entouraient la ville.
Les survivants étaient venus se réfugier autour du Rocher et on délimite l’enceinte réduite à peu près
comme suit :
Rue Petite-Fusterie, rue
Félicien David, rue Favart, rue de l’Arc-de-l’Agneau et rue de la Peyrollerie.
Un nouveau rempart est construit par les Avignonnais
de 1234 à 1237. Son périmètre s’étend vers l’extérieur d’une quarantaine de
mètres.
Voici son tracé d’est en ouest : rues des
Trois-Colombes, Campane, Philonarde, Lices, Henri Fabre, Joseph Vernet et Grande-Fusterie. À l’angle des rues
Saint-Charles et Joseph Vernet, un fragment de cette muraille grossière est à l’air libre. D’autres
fragments de ces vieux murs ont été retrouvés au cours de prospections
archéologiques. Les autres souvenirs de ce rempart du XIIIe siècle
sont les noms des anciens portails et vous les rencontrerez en suivant
l’itinéraire cité précédemment : Portail Matheron, Portail Peint, Portail Boquier, Porte Evêque, Portail Bienson etc…Ces portes sont restées en
place jusqu’au XVIIIe siècle.
Enceinte du XIVe
siècle (c’est-à-dire le rempart actuel, en noir fractionné sur le plan) : édifiée entre 1355 et 1370 environ, sous
les pontificats d'Innocent VI et d'Urbain V, les
remparts d'Avignon sont parmi les mieux conservés de France. Avignon est alors
la ville où se trouve le pape et la population s’accroît de façon
impressionnante et s’étale dans les bourgs nouveaux à l’extérieur des murs. De nouveaux quartiers se développent, grâce aux
initiatives privées, à l’abord des portes et des couvents à l’extérieur de la première enceinte. Mais bientôt la sereine
prospérité d’Avignon laisse percer de nouvelles menaces. En cette
époque de la guerre de Cent Ans, des bandes de routiers semaient la terreur
dans la région et les débordements du Rhône revenaient inlassablement. Innocent VI
29 mars 2006
Place du Palais...le 28 mars 2006.
12 janvier 2006
Avignon
« En
Avignon » ou « à Avignon » ?
Même
si c’est plus joli à l’oreille de dire « en Avignon » c’est
complètement incorrect de nos jours. Lorsque nous parlons d'une autre
ville dont le nom commence aussi par la voyelle "A", nous disons sans
hésiter: je vais à Aix. Ou à Albi, à Arcachon, à Avallon, à Auxerre.
Autrefois, Avignon appartenait au Saint-Siège
et représentait donc un état à part entière gouverné par un vice-légat, il
était justifié de se rendre «en» Avignon, comme nous disons
«en Provence». Cette particularité a été valable du XIVe siècle à
1791.
Alors,
si d'autres personnes continuent encore maintenant de dire « en Avignon
», nous pouvons les corriger. Elles le disent soit par ignorance, soit
parce que ça évite un hiatus, soit par
pédantisme, ou alors ce sont des nostalgiques de l’Ancien Régime.
Image: Alexandre. Arrangements: Bernard
L’historique du nom " Avignon " :
À partir de 500 avant J.-C., la ville s'étend
considérablement autour du Rocher. Elle est occupée par le peuple celto-ligure
des Cavares. Le nom de la ville date de cette époque. "Aouen(n)ion", un nom d'origine cavare,
mais qui a deux interprétations : "ville du vent violent" ou encore "seigneur du fleuve" selon que la traduction est
faite à partir du celte ou du ligure. Il semble néanmoins que la seconde interprétation
soit plus vraisemblable.
Les autres "
Avignon "…
Le nom d’Avignon figure dans neuf dénominations de villes ou villages
français .
Quatre de ces dénominations sont pour des villes situées dans le Vaucluse
: Avignon, Cabrières d’Avignon, Morières-les-Avignon, Saint-Saturnin-les-Avignon.
Dans le Gard, on trouve Villeneuve-lez-Avignon (lez ou lès signifiant "près de"). Un Avignonet dans l’Isère, un
Chavignon dans l'Aisne, un Avignonet-Lauragais en Haute-Garonne, et enfin un
Avignon-les-Saint-Claude dans le Jura.
19 septembre 2005
Cassini
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Cliquez sur le lien ci-dessous pour agrandir l'image: http://www.gencom.org:2325/cgi-bin/Communes/Cgi/cassini.cgi?CARTE=122&LOCAL=CP%20&INSEE3=84007&NOM=Avignon
Voici
aujourd'hui une image d'Avignon dessinée par Cassini au XVIIIe siècle.
Pour ceux qui connaissent les lieux cités sur cette carte, nous retrouvons
l'île Piot et l'île de la Barthelasse, le Pont des Deux Eaux sous
lequel se rejoignent la Sorgue et la Durançole et seulement quelques
chemins qui quittent la ville.
Nous voyons églement qu'il n'y avait aucun pont pour traverser le Rhône; le pont Saint-Benézet était incomplet et arrêtait sa course sur l'île de la Barthelasse. Quant à la Durance, le passage se faisait à gué, celui-ci étant payant. Voilà pourquoi il y a les quartiers Quitte-Braies ( li braio en provençal avec le "i" mouillé, prononcer braille, comme l'écriture) et Baigne-Pieds dans les parages. Les personnes refusant de payer étaient souvent obligées de se mettre à l'eau. Il faut dire aussi que cette rivière avait un débit très irrégulier et inondait parfois les fermes voisines.
Le site pour visiter votre région de France d'après ces cartes : http://www.gencom.org:2325/Communes/
Cliquez là pour la légende: http://parbelle.club.fr/cassini/legende.html
Un peu d'histoire: (Texte : Marie-Odile Mergnac)
Les Cassini sont des géographes d'origine italienne qui ont mis la France en carte du XVIIe siècle à la Révolution.
L'ancêtre : Jean-Dominique Cassini . Né en 1625 dans le comté de Nice, Jean-Dominique Cassini avait été choisi, après de brillantes études à Gênes, pour occuper la chaire d'astronomie de la très réputée université de Bologne. Il y étudia l'orbite d'une comète en 1652, traça une nouvelle méridienne plus exacte que celle dessinée par ses prédécesseurs, étudia les taches et les satellites de Jupiter, dont il donna les tables de rotation, et fut aussi chargé de travaux d'architecture, d'urbanisme et d'assainissement des eaux du Pô. À cette même époque, Colbert cherchait à attirer en France les savants étrangers les plus brillants. Cassini, qu'il avait appelé, obtint du pape une autorisation temporaire de sortie. Mais il se plut en France, s'y maria et accepta en 1673 des lettres de naturalité de Louis XIV. Il s'installa à l'Observatoire à Paris et découvrit quatre nouveaux satellites de Saturne. Aveugle en 1710, il mourut deux ans plus tard.
La Terre est-elle ronde ou ovale ? Son fils Jacques (1667-1756) poursuit les travaux paternels. Reçu dès 1667 à l'Académie des Sciences, il voyagea en Europe et se lia avec tous les savants de son temps, Newton entre autres. Il étudia non seulement l'astronomie mais aussi l'électricité, le baromètre, les armes à feu… Quand il publia en 1718 un ouvrage sur La grandeur et figure de la Terre, ses résultats firent l'objet de vives polémiques (il avançait notamment que la Terre n'était pas ronde mais ovale, plus haute que large). Aussi Louis XV lui confia-t-il l'exécution de nouvelles mesures, notamment la longitude de Brest à Strasbourg. Son intégrité lui avait valu aussi d'être nommé magistrat à la Chambre de justice.
Mettre la France en cartes : Fils de Jacques, César-François Cassini (1714-1784) entra comme son père à l'Académie des sciences. Passionné d'astronomie, mais aussi de géométrie et de géodésie, il fut chargé en 1739 de reprendre les mesures de la méridienne de France. En 1747, il accompagnait le roi lors de la campagne de Fontenoy pour lever les plans des régions occupées et des zones de bataille. Son travail était d'une qualité telle que le roi s'exclama : " Je veux que la carte de mon royaume soit levée de même, je vous en charge " ! C'est avec joie que Cassini se mit à l'œuvre qui allait laisser à la postérité le nom de sa famille. Il établit la carte à l'échelle d'une ligne pour cent toises (soit 1 : 86 400), qui allait plus tard servir de modèle à la carte d'état major. Le gouvernement finança le projet jusqu'en 1756. Cassini dut ensuite créer une compagnie permettant le remboursement des coûts par la vente des cartes. Avec au total 182 " feuilles ", cette entreprise de cartographie est la plus vaste jamais réalisée jusqu'alors : les fameuses " cartes de Cassini " étaient nées.
" Ex-vivant " sous la Révolution : Fils de César-François, Jean-Dominique (1748-1845) collabora à l'œuvre titanesque de cartographie de son père. Il voyagea aussi en Amérique, en Afrique, en Italie, en Angleterre… En 1784, il prit la tête de l'Observatoire. Mais, à la Révolution, des bandes armées brisèrent les télescopes qu'on prenait pour des canons braqués sur les citoyens ! Nommé géomètre du Comité de constitution, chargé de dresser les cartes des départements, il fut un temps secrétaire de l'Académie des sciences, bientôt supprimée par la Révolution. Ses biens, ses titres, l'ensemble de ses cartes : tout lui fut finalement confisqué. Au point qu'il écrivait, avec beaucoup d'humour, à une époque où l'on était dit " ex-noble " ou " ex-curé ", qu'il était devenu " ex-vivant ". Arrêté en 1794, il fut sauvé de la guillotine par la mort de Robespierre. Libéré, il fut encore dénoncé et poursuivi pour avoir fait dire la messe chez lui. L'Empire sut reconnaître ses mérites et le décorer.
20 juin 2005
Pont d'Avignon.
Monument
emblématique de la ville, chanson populaire connue dans des pays même
lointains, le pont d'Avignon trempe ses quatre arches restantes dans le
fleuve depuis le XIIe siècle. Ce pont est le plus vieil ouvrage construit sur le Rhône. Avec cette construction est née la légende de Benézet ("Légende": nom féminin; latin médiéval 13ème siècle legenda "ce qui doit être lu"): l'histoire se passe au XIIe siècle: Benézet (petit Benoît) était un berger ardéchois. Un
jour, il entendit une voix et cette voix lui ordonna d'aller jusqu'à
Avignon et d'y construire un pont. Il se rendit à Avignon, guidé par un
ange; lorsqu'il raconta son histoire, le peuple se moqua de lui.
Alors, il prit une énorme pierre, la souleva et la porta jusqu'au
Rhône. Persuadées de sa bonne foi et convaincus que le ciel était avec
ce petit berger, les autorités et la population entreprirent aussitôt
la construction de ce pont. C'était en 1177. Le pont terminé mesurait 4
mètres de large, 920 mètres de long et comportait 22 arches et allait rejoindre la tour Philippe le Bel à Villeneuve lez Avignon en enjambant l'île de la Barthelasse à peine formée. Il fallut seulement 8 ans pour le construire ce qui était une prouesse à l'époque.
Benézet est mort en 1184, un an avant l'achèvement du pont. Il ne vit jamais
l'œuvre qui porte son nom. Il fut enterré dans la
chapelle Saint-Nicolas
et y resta jusqu'en 1674. Ensuite, l'état de délabrement du pont fut
tel que les reliques du saint furent placées ailleurs, dans un endroit
plus sûr.
Il est
vrai que ce pont a
connu pal mal d’avaries à cause de la puissance du fleuve, et lors
d'inondations et de gel. Comme c'était un monument stratégique, l'homme
le cassait et le réparait selon ses propres besoins. Ainsi, après la
capitulation
de 1226, Louis VIII a détruit le pont laissant seulement le morceau
faisant
partie de l’Empire, c’est-à-dire un peu plus que ce qui reste
aujourd’hui. Plus
tard, le roi voulut s’approprier le lit du Rhône dans son intégralité.
1311 fut
le départ d’une longue série de discussions entre la papauté et le
Royaume.
Malgré l’interdiction pontificale, les Avignonnais s’étaient lancés
dans la
reconstruction des arches démolies. Jean XXII contribua à la remise en
fonction
de ce pont et Clément VI a fait construire le Châtelet (tour carrée sur
laquelle arrive le pont) et réparer quatre arches en 1349. Par contre,
Pedro de
Luna, le pape avignonnais (Benoît XIII du schisme), en fait démolir une
pour se protéger des
harcèlements des Ducs d’Orléans, de Bourgogne et de Berry. Ceux-ci
habitaient
Villeneuve et voulaient qu’il renonce à la papauté. L’arche sera
reconstruite
en 1418 par la ville. Le pont, et surtout les échanges marchands qu’il
permettait,
était une véritable aubaine pour Avignon.
D’autres dégâts sur les arches du pont en septembre
1430 et à la fin du XVe
siècle; trois arches en 1602 ; sur la plan de 1618, on voit que le pont
est entier même si quelques arches sont cassées ; deux arches en 1633; en
1650, on répare avec des charpentes; en 1670, le gel emporte les réparations.
Mais les reconstructions coûtaient cher et le Roi de France
décida en 1680, après la chute de plusieurs arches, que le pont ne
serait pas
réparé. Il faut ajouter que la ville d’Avignon percevait un péage pour
l’entretien du pont. Jusqu’en 1818, les passages d’une berge à l’autre
se
faisaient par bacs. Il ne reste, de l’œuvre de saint Benézet, que
quatre arches, la
chapelle Saint-Nicolas et la chanson. Et les belles dames et les beaux
messieurs costumés viennent sur ce pont pour y danser en rond le 14 juillet au
début du festival pyrotechnique.
16 juin 2005
Inondations à Avignon.
Les secteurs les plus touchés, lorsque le Rhône sort de son lit, sont l'île de la Barthelasse et l'île Piot. Autrefois, ces deux îles qui n'en forment qu'une aujourd'hui, étaient séparées et avaient une superficie variable. Les cartes anciennes sont là pour le prouver. D'autres rues de la basse ville subissaient également des inondations et vous pourrez voir partout dans ces rues des plaques rappelant les dates et les hauteurs de l'eau. Il y en a dans la rue des Teinturiers, dans la rue Carretterie, la rue Pasteur, la rue du Limas et autres. Parfois, le fleuve Rhône et la rivière Durance conjuguaient leurs forces et s'étalaient dans la ville de toutes parts. Il semble impossible d'imaginer maintenant une crue de la Durance.
L'eau
entrait
par les portes des remparts et envahissait les quartiers. Le 27 octobre
1362, le rempart n'a pas résisté à la poussée des eaux entre les portes
Saint-Michel et Limbert.
Le
31 mai
1856, la force de l'eau emporte la vanne du conduit Perrot (quartier
Saint-Lazare) et la rue de la Carretterie et ses voisines sont
inondées. À peine avait-on réussi à colmater cette brèche, que le
rempart s'écroule sur près de 300 mètres entre les portes
Saint-Dominique et Saint-Roch. Il paraît qu'une vague de un mètre
cinquante de haut a déferlé dans la ville. Ce fut une des crues les
plus catastrophiques. Pour ceux qui veulent en savoir plus, je vous
conseille de consulter le livre de Sylvain Gagnière, intitulé
"Inondations" .
Voici quelques dates
historiques des crues du Rhône:
17 septembre 1226
27 octobre 1362,
(Voici une photo de ce jour et son commentaire au recto, gentiment envoyés par une lectrice.)
Le 15 janvier 1973, le Rhône
change de lit. Son cours est modifié afin que les bateaux puissent naviguer
côté Gard. L’autre bras du Rhône, qui longe Avignon, sera réservé à la
plaisance et aux sports nautiques. Malgré cela, il continue de pénétrer dans
les rues de la ville assez régulièrement, mais sûrement avec moins de violence
qu’autrefois.
La dernière importante et spectaculaire crue du Rhône date du 3 décembre
2003. Ce jour-là, les îles de la Barthelasse et Piot n'existaient plus.
Voici
quelques images prises lors de cet événement:
14 juin 2005
Orientation dans une ville.
Vous êtes perdus dans une ville de France et vous n'avez pas de
plan. Pour retrouver le centre ou la mairie, regardez les numéros des
rues. Les premiers numéros des rues commencent du côté le plus proche
de la mairie; les numéros pairs sont toujours à droite et les impairs
toujours à gauche. Si vous allez du numéro le plus petit au plus grand,
vous vous éloignez du centre; le contraire et vous vous approchez de la
mairie.
Vous pouvez aussi, bien sûr, demander votre chemin à un passant.
Lorsque
je parle d'une rue, j'écris qu'elle va de la rue Untel à la rue Machin.
Ce n'est pas un hasard. Elle va aussi de la rue Machin à la rue Untel,
mais elle a un sens, un début et une fin.
Bonne promenade!
13 juin 2005
Les papes avignonnais
Les
papes ont vécu à Avignon, ont construit un palais et la grande place
devant celui-ci et qui nous permet d'avoir le recul pour l'admirer.
Avant cela, la ville était tassée autour du Rocher et la place
n’existait pas encore.
Il y eut sept papes avignonnais du 195ème au 201ème
De 1305 à 1314, Clément V. Bertrand de Got né
à Villendraut en Gironde et mort à Roquemaure dans le Gard le 20 avril
1314. Il commença son pontificat à Rome et le finit à Avignon car en
1309, il n’a pu regagner l’Italie. Il était l’ami de Philippe IV le
Bel. C’est à lui que l’on doit la suppression de l’Ordre des Templiers. De 1316 à 1334, Jean XXII. Jacques Duèse ou d’Ossa, né à Cahors en 1245 et mort à Avignon en1334. Il fut élu pape après un conclave de 16 mois dans l’église des jacobins de Lyon.
De 1334 à 1342, Benoît XII. Jacques Fournier, né à Saverdun dans l’Ariège et mort à Avignon en 1342. Il fut élu pape après un court conclave de sept jours.
De 1342 à 1352, Clément VI. Roger-Pierre de Beaufort,
né à Maumont en Corrèze en 1291 et mort de la gravelle à Avignon le 12
décembre 1352. Il a protégé les juifs accusés d’être responsable de
l’épidémie de peste noire.
De 1352 à 1362, Innocent VI. Etienne Aubert, né à Pompadour, Corrèze et mort à Avignon le 12 septembre 1362.
De 1362 à 1370, Urbain V. Guillaume de Grimoard, né près de Mende en 1310 et mort à Avignon en 1370.
De 1370 à 1378, Grégoire XI. Pierre Roger de Beaufort, neveu de Clément VI,
d’où similitude dans le nom, né à Rosiers d’Égletons, en Corrèze en
1331 et mort à Rome le 27 mars 1378. Il commença son pontificat à
Avignon qu’il quitte le 13 septembre 1376 et le termina à Rome.
Plus deux papes du schisme; ceux qui revendiquaient la papauté en France et surtout à Avignon. Ils habitaient le Palais des Papes. Ils avaient été élus par les cardinaux français mécontents du pape actuel qui siégeait au Vatican.
La Chrétienté fut divisée en deux. Cette période s’appelle « le Grand Schisme ».
Clément VII, Robert de Genève,
né à Genève et mort le 16 septembre 1394. Il fut inhumé à l’église des
Célestins, mais son tombeau fut détruit pendant la révolution.
Benoît XIII, Pedro de Luna,
né à Huesca dans l’Aragon espagnol ; il est mort le 17 novembre 1424 à
Paniscole, dans l’Aragon. Sa dépouille est inhumée à Igluera.
Lorsque
vous êtes rue de la République (rue de la Ré pour les Avignonnais), en
direction de la place de l'Horloge, prenez à gauche la rue Mignard,
puis la rue Dorée (ou si vous êtes rue Viala, près de la préfecture, prenez la rue Dorée, faites quelques pas et retournez vous)
et vous verrez une immense peinture murale représentant les papes. Bien
sûr, ils ont tous la même tête puisque c'est la même personne qui a
servi de modèle, mais ils sont vêtus comme l'étaient les papes en leur
temps.
Réponse à ma question posée le 9 juin: pourquoi toutes ces statuettes de la vierge à Avignon ?
Clément VII, pape de 1378 à 1394, appelle Avignon « la cité mariale » et il déclare la vierge Marie protectrice de la ville. Dès lors, chaque boutique, échoppe ou atelier, possède une image de la vierge souvent sous forme de tableau ; chaque Avignonnais, en bâtissant sa maison, réserve un emplacement sur lequel il pourra construire un oratoire avec une statue de la vierge. À l ‘époque on utilisait la pierre de Pernes qui avait l’apparence du marbre. Une lanterne était allumée tous les samedis en dévotion. Il est agréable d’imaginer les soirs d’automne, quand toutes ces lanternes éclairaient le visage de la madone ! Les passants ralentissaient leur pas remerciant la vierge de les guider à travers les rues silencieuses et sombres.
Lorsqu
‘en 1657, le port supérieur du Rhône fut achevé, une statue de
Notre-Dame fut érigée par les consuls entre la partie inférieure et la
partie supérieure du port. Sur le piédestal on pouvait lire
l’inscription : « L’an 1657, le port supérieur du Rhône est achevé et
les illustres et magnifiques consuls ont dédié ce trophée à la vierge
Marie, protectrice de la cité avignonnaise ». Une inondation a emporté
l’inscription en 1674. Jean Péru a été chargé de graver à nouveau cette
phrase et de réparer la statue abîmée par la crue. Pour cela, il reçoit
de la ville la somme de dix-sept pistoles. Il refait la statue en
pierre fine avec, sur du marbre, les armes du Saint-Père, de
Monseigneur le Cardinal Légat et de Monseigneur le Vice-Légat et de la
ville. Et on installe la statue au milieu du quai du port. Une nouvelle
inondation en 1755 et il faut à nouveau réparer la statue et changer le
piédestal. Dans un manuscrit du XVIIe
siècle, Vincent Laudun, dominicain, recense deux cent cinquante niches
avec la vierge Marie.Henri Bouvet dans un de ses livres dit qu’un fouinaïre du XVIIe
siècle en a compté plus de trois cents. De nombreuses niches ont été
saccagées par les vandales de la Révolution qui ont anéanti beaucoup
d’emblèmes religieux. Émile Cahuzac, à partir des oratoires de la
ville, en a dessiné cent cinquante huit avant de
mourir en 1935. Et moi, je marche les yeux en l'air, je scrute chaque
coin de rue, je questionne les habitants pour continuer mon recensement
de statuettes.
Une
très belle statue de la vierge se trouve en bas des escaliers du Rocher
des Doms, côté Rhône. Elle a les yeux mi clos, son enfant porte une
croix dans sa main, une croix incomplète ; il pose sa tête sur l’épaule
de sa mère qui le tient sur la main droite. C'est une copie de l'originale qui
se trouvait avant à l’endroit où il fallut creuser le rocher pour faire deux
énormes ouvertures pour permettre aux voitures de sortir de l’aire de
stationnement de la place du Palais et aux cars de tourisme de venir se
garer à l’intérieur des remparts. Si vous voulez voir la vraie (l'originale) il ne vous reste plus qu'à payer la visite du pont (ou attendre les journées du patrimoine) et vous la trouverez à l'étage supérieur de la chapelle Saint-Nicolas.




















