La rue Galante va de la place du Change à la rue de la Saraillerie.

Autrefois, cette rue se prolongeait jusqu’à la place Saint-Didier. Elle s’est appelé rue de la Garlanderie du mot provençal Garlanda, car c’est dans cette rue que les « garlandiers », ciseleurs sur métal,  fabriquaient les couronnes et guirlandes de fleurs artificielles ou les coiffures pour femmes (bords de chapeaux, couronnes de mariées etc…). Par déformation, la rue prit le nom de rue de la Galanterie, puis rue Galante.

Un hôtel de cette rue a pris le nom de Hôtel Garlande en souvenir de l’ancien nom de la rue. A porté aussi le nom de Eugène Dévéria à cause de l’œuvre de celui-ci intitulée « les Quatre Henri ». Dévéria fut aussi le Directeur de l’École de Dessin et de Peinture de la rue Dorée vers l’année 1840.

N° 4 : Maison des Crillon. C’est ici qu’est né Crillon dit Crillon le Brave, ami de Henri VI. Une légende circule, disant que c’est au cours d’une partie de dés entre les quatre Henri, Henri III, le roi de Navarre (futur Henri VI), le Prince de Condé et le Duc de Guise que, le roi ayant jeté les dés, on trouva du sang sur la table. C’est juste une légende, pas un fait historique. Ce signe présageait une mort tragique à chacun des joueurs. Eugène Dévéria en fit un très beau pastel qui se trouve au Musée Calvet. On lui doit aussi le décor de deux des chapelles de la Cathédrale Notre-Dame des Doms.

N° 5 : Maison Palasse ayant appartenue à deux parfumeurs, le père et le fils ayant le même prénom, François Palasse, puis au fils du dernier, qui lui s’appelait Jean-François, marchand de tabac, puis à un autre François Palasse (1717-1790) qui était peintre. La façade a entièrement été reconstruite entre 1679 et 1682. Les ornements de la façade évoquent les quatre saisons à partir de masques. Le printemps est entouré de roses et porte une couronne, l’été est orné d’épis de blé mûrs, l’automne, de grappes de raisin et de feuilles de vigne, quant à l’hiver, il nous montre un masque de vieillard entouré de branches dépouillées de leurs feuilles. Elle est l’œuvre du membre le plus connu d’une dynastie de maçons de l’Isle-sur-la-Sorgue, Jean Rochas qui fut influencé par Royers de la Valfenière. Elle est aujourd’hui le siège de l’Académie de Vaucluse. La façade de ce bel hôtel a récemment été ravalée.

N° 17 : un de nos félibres, Jean Brunet, a vécu ici pendant plusieurs années et a même eu comme hôtes Victor Balaguer, le grand poète catalan, lorsqu’il était en exil, et son épouse Nola. C’est d’ailleurs grâce à cet accueil qu’en 1867, les Catalans ont offert aux provençaux une coupe d’argent ciselée qui fut et restera le symbole de l’union de la Provence et de la Catalogne. Le réalisateur de cette coupe s’appelait Guillaume Fulconis ; il refusa d’être payé lorsqu’il connut la raison de la commande de cette coupe. Ensuite, pour remercier les Catalans, Mistralll a créé et chanté la « Coupo Santo » en empruntant à Nicolas Saboly l’air d’un de ses Noëls du XVIIe « Guihaume, Tòni, Pèire ». Voilà comment un chant de circonstance est devenu l’hymne de tout le peuple occitan. Sur le socle, finement ciselées, on peut lire les phrases des deux poètes :

 

Morta diuhen qu’es                              Ah! : se me sabien entèndre

Mès jo la crech viva                             Ah ! se me voulien segui!

Victor Balaguer                                       Frédéric Mistral

« On la dit morte,                                          Ah ! si on savait me comprendre

mais moi je la crois vivante ».                       Ah ! Si on voulait me suivre ».