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webiane, les rues d'Avignon, les madones et autres statues, les niches même vides et la petite histoire de la cité des Papes.

28 août 2005

Roi René

La rue du Roi René va de la place Saint-Didier jusqu'à la place Noël Biret.

Rue obscure à cause des façades des maisons noircies par les années et la pollution et où les voitures obligent les piétons à se réfugier sur des trottoirs trop étroits. Toutefois, cette rue comporte des richesses architecturales et le passant ne reste pas indifférent devant la concentration d'hôtels particuliers du début de la rue aux numéros 7, 8, 10 et 12 (Hôtel de Crillon , anciennement livrée de Pampelune, Hôtel de Fortia de Montréal et Hôtel d’Honorati de Jonquerettes). Les décorations originales attirent le regard.
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Avant 1941, elle portait le nom de Rue de la Masse, celle-ci (qui existe encore) se prolongeant jusqu’à la place Saint-Didier. Puis elle prit le nom de René d'Anjou, né le 14 janvier 1409, le futur "roi René", frère de Louis III d'Anjou. Il se marie avec Isabelle de Lorraine le 24 octobre 1420.
 Lors de la bataille de Bulgnéville, le 2 juillet 1431, il est fait prisonnier par Philippe le Bon. À la mort de Louis III commence le règne bienfaisant du Roi René: réorganisation de l'administration financière, développement économique, etc…Le roi René revient en Provence en 1447 où il fait restaurer son château de Tarascon qui est toujours aussi imposant au bord du Rhône. En février 1453 son épouse, Isabelle de Lorraine, meurt. Ce qui incite le roi à faire son premier testament le 9 juin de la même année. Il se remarie le 10 septembre 1454, avec Jeanne de Laval, fille de Guy de Laval. Tous deux étant passionnés d’art et de culture, ils deviennent des mécènes en Provence où ils s’installent en 1471. Le Roi René y meurt le 10 juillet 1480.
Cette rue a également été un lieu d’inspiration pour Pétrarque puisque qu’il aperçut Laure de Noves pour la première fois dans les jardins de Sainte-Claire. C’était le 6 avril 1327, il avait vingt-trois ans. Elle était mariée, mais il lui voue un amour intense et passionné dans ses écrits. C’est aussi un 6 avril de l’an 1348 que Laure meurt à Avignon de l’épidémie de peste noire.

Au début de la rue, près de la place Saint-Didier, Space Invader est venu discrètement et secrètement installer une mosaïque.

N° 14 à 20 : emplacement du couvent de Sainte-Claire. Les religieuses de Sainte-Claire sont arrivées à Avignon en 1239. Mais c’est au XIVe siècle que leur couvent fut reconstruit. Les portes, qui étaient ouvertes uniquement pendant le Festival d’Avignon, le sont aujourd’hui dans la journée ; une percée a agrandi le jardin initial et un autre jardin a été aménagé côté rue du Crucifix.

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12 août 2005

Jérusalem

La place Jérusalem va de la place Carnot à la rue Florence.

S‘est précédemment appelée place Victor Basch. Victor Basch était né à Budapest en 1863. Hongrois naturalisé français, il était socialiste et militant pour la justice. Il fut Président de la ligue des Droits de l’Homme. Lui et sa femme furent victimes des maréchalistes en 1944.

Elle faisait partie du quartier de la Juiverie qui avait une désignation générique et formait une communauté à part avec une organisation particulière. Le Viguier d’Avignon y faisait la loi et la surveillance.

Les demeures des juifs se situaient autour de la Synagogue (qui se trouve encore sur cette place) et de l’école des hommes et l’école des femmes. Derrière l’école (escole ou synagogue) il y avait un lieu pour célébrer les mariages. Ce lieu se nommait Lazina. Un autre lieu dit Lazara ou Hazara existait. La place dite « du Parquet » (ou plan du puits ou rue de l’escole ou place du parvis) avec un puits en son centre servait de forum. Sur cette place se trouvait le four à pain azyme. Cette place, suite aux démolitions de maisons qui l’entouraient, fut agrandie. Le cimetière se trouvait à la Pignotte. Les maisons vétustes ont toutes été démolies en 1886-1898. Il ne reste aujourd'hui plus que la rue Jacob et la place Jérusalem pour définir le quartier juif. Même la synagogue est récente puisque l’ancienne a été détruite par un incendie en 1845. Celle que nous voyons aujourd’hui date de 1848 et est l’œuvre de Joffroy, architecte.

Deux barrières ou cancels servaient à enfermer les juifs dans ce quartier ; un acte de 1531 nous signale la seconde dans la rue Abraham qui portait ce nom depuis 1843. Elle allait de la rue de la Saunerie à la place Jérusalem. ; la première était dans la rue Jacob.

L’arcade dans le passage devant la Synagogue que forme la rue Bernheim-Lyon vers la rue du Vieux-Sextier est l’une des trois portes de la Carrière des Juifs au XVIIIe siècle. La deuxième se nommait Porte Saint-Pierre et se trouvait vers la place Carnot actuelle. La troisième s’appelait Portalet de la Calandre, nom d’une rue voisine disparue aujourd’hui, et donnait sur la rue du Saule (rue Thiers).

Les juifs, du XIIe au XVIe siècle, n’étaient pas un peuple persécuté comme il l’a été plus tard, mais plutôt une communauté qui s’enrichira progressivement par la finance, le trafic et l’exercice de la médecine. Ils comptent parmi leurs clients les plus grands de la ville ; ils fournissent les épices à l’Évêque, les literies au Recteur du Comtat, approvisionnent le Chapitre de Notre-Dame des Doms avec les langues de bœuf de leur boucherie et apportent les fagots de bois pour les feux de joie allumés pour les nouveaux consuls de la ville.

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