La petite cour Trouillas se trouve entre les vergers d'Urbain V et la cour Maria Casarès (au bout de la rue Bertrand).

On a donné ce nom à cette cour à cause de l’imposante tour du même nom où sont entreposées onze étages d’archives notamment les registres de notaires. C’est sans aucun doute la plus haute tour du Palais; le donjon a une superficie de 20 mètres par 17 à sa base ; l’épaisseur des murs peut parfois atteindre 4 mètres 50 ; la hauteur totale est de 52 mètres. Cette tour est rattachée aux Archives départementales dont l’entrée principale est à côté de la Cathédrale Notre-Dame des Doms.

L’étymologie de ce mot de Trouillas a été très controversée. Certains disent que le mot vient de Truilhum qui signifie « pressoir à vin » et affirment que c’est à cet endroit que se trouvaient les caves des Papes; Pansier, quant à lui, assure avec certitude qu’il viendrait des mots grecs troglias, trogli ou trouil qui signifie grotte. On retrouve cette racine dans troglodyte. Car, lorsqu’on a creusé le rocher pour construire cette tour, on a trouvé des habitations capitulaires et de nombreuses cavités importantes.

Pendant un orage, le 30 juillet 1392, à trois heures du matin, la foudre est tombée sur la tour et a brûlé à l’intérieur tout ce qui pouvait prendre feu. Pansier, («la Chronique», p. 43) nous rappelle ce qui avait été écrit sur cet événement : ez la premere fez que elo ez ystade cremade (c’est la première fois qu’elle a été brûlée).

 

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La verrière du cinéma Utopia vue du jardin derrière la cathédrale. À droite, le mur de la tour Trouillas.